Arrêt Jordan: «Il n'y a pas de justice», dit un ex-hockeyeur victime d'une tentative de meurtre

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2012, Dannick... (Photo Mathieu Waddell, Archives La Presse)

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Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2012, Dannick Lessard a été atteint de neuf balles alors qu'il était portier au bar Le Garage à Mirabel.

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Daniel Renaud
La Presse

« J'ai été victime deux fois : d'abord victime d'un tireur et ensuite victime du système. Il n'y a pas de justice », s'insurge Dannick Lessard.

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Wolfson Ryan

Photo archives La Presse

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2012, alors qu'il était portier au bar Le Garage à Mirabel, l'ancien joueur de la Ligue nord-américaine de hockey a été atteint de neuf balles tirées par Ryan Wolfson.

Ce dernier devait passer en jugement pour cette tentative de meurtre et pour un homicide en septembre prochain. Mais il y a une douzaine de jours, il a bénéficié d'un arrêt du processus judiciaire dans la foulée de l'arrêt Jordan rendu l'été dernier par la Cour suprême, qui limite les délais judiciaires à 18 mois pour les affaires instruites devant la Cour du Québec et à 30 mois pour celles instruites devant la Cour supérieure et pour les procès devant jury.

Wolfson purge une peine de 25 ans de pénitencier pour un meurtre et deux tentatives de meurtre en 2012, mais a porté sa condamnation en appel. Dannick Lessard craint que le meurtrier ne gagne sa cause.

« Il y a des êtres humains qui sont victimes de crimes incroyables et il n'y a pas de justice », dit-il.

« L'arrêt Jordan ne devrait pas s'appliquer pour les crimes violents, comme les meurtres ou les tentatives de meurtre. »

L'homme de 38 ans dit être la seule victime directe encore vivante d'un tueur ayant bénéficié d'un arrêt du processus judiciaire en vertu de l'arrêt Jordan au Canada. Il se sent interpellé et se fait le porte-parole des autres victimes. « Après un arrêt Jordan, qu'est-ce qu'on fait avec les victimes ? Est-ce que quelqu'un les prend par la main pour les aider ? Non », déplore-t-il.

Dannick Lessard a fait parvenir une lettre à La Presse qu'il a aussi fait parvenir aux premiers ministres Trudeau et Couillard, à plusieurs ministres et députés fédéraux et provinciaux, ainsi qu'à des responsables du système judiciaire.

« Les tribunaux privilégient les droits des accusés au détriment de ceux des victimes. N'avons-nous pas le droit de voir nos agresseurs avoir un procès ? N'avons-nous pas le droit de nous attendre à ce que justice soit rendue ? », demande-t-il.

Des séquelles

Lorsque le tireur l'a mis en joue, Dannick Lessard a instinctivement levé le bras droit pour se protéger. Il a reçu trois balles dans le bras qui a été sectionné, ne tenant plus que par les nerfs et la peau. Un projectile a atteint le poumon gauche dont la moitié a dû être enlevée. Les cinq autres balles ont abouti dans le côté droit, une épaule, une cuisse et le bas du dos.

Il a subi cinq interventions chirurgicales au bras et en subira une sixième bientôt. Il doit suivre une heure et demie de traitements de santé par jour et passer au moins une heure au gym « pour reprendre le dessus et avoir une qualité de vie », dit-il. C'est sans compter la séance hebdomadaire chez le psychologue pour combattre le stress post-traumatique.

« Je dois vivre le reste de mes jours avec des séquelles. Neuf balles, pour moi, c'est clair que c'était prémédité », croit-il.

« Je suis mort en 2012. Il m'a tiré dessus. Je me suis ensuite retrouvé dans le coma. Je me suis réveillé, mais je ne suis plus la même personne. »

Dannick Lessard était présent au bar Upperclub de Montréal, où il travaillait comme portier, lorsque deux hommes, Jean-Patrick Fleury et Vladimir Nicolas, y ont été assassinés en octobre 2006, quelques jours avant l'opération Colisée.

Benjamin Hudon-Barbeau, ancienne relation des Hells Angels, a été accusé, condamné, puis finalement acquitté de ce double meurtre. Il en aurait voulu à Dannick Lessard pour son témoignage dans cette affaire.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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