Décès d'un membre de la garde rapprochée des Rizzuto

Emanuele Ragusa était considéré par les policiers comme... (Photo archives La Presse)

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Emanuele Ragusa était considéré par les policiers comme étant inatteignable, lui qui a échappé à plusieurs enquêtes de stupéfiants.

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Le clan Rizzuto a perdu un des membres de sa garde rapprochée le 18 mai dernier. Le Journal de Montréal a annoncé ces dernières heures le décès d'Emanuele Ragusa, beau-père du fils aîné du défunt parrain de la mafia Vito Rizzuto, Nicolo, assassiné en 2009. L'homme de 78 ans, qui a été exposé au Complexe funéraire Loreto, entreprise légitime des familles Rizzuto et Renda, serait décédé d'une crise cardiaque selon le quotidien.

Ragusa était considéré par les policiers comme étant inatteignable, lui qui a échappé à plusieurs enquêtes de stupéfiants.

Il avait toutefois été arrêté en 1994 et condamné à 12 ans de pénitencier dans la foulée de l'audacieuse enquête Compote de la Gendarmerie Royale du Canada au cours de laquelle les enquêteurs fédéraux avaient créé de toutes pièces un faux bureau de change au centre-ville de Montréal par lequel des membres de la mafia, des Hells Angels et des avocats ont blanchi des millions de dollars provenant du trafic de la cocaïne.

Triple meurtre à New York

Au début des années 80, Ragusa aurait accompagné Vito Rizzuto à New York et son nom a circulé relativement aux meurtres de trois capitaines du clan Bonanno pour lesquels l'ancien parrain de la mafia montréalaise a été extradé, jugé et condamné aux États-Unis. Cependant, les anciens dirigeants du clan Bonanno devenus délateurs, Joseph Massino et Salvatore Vitale, n'ont jamais avancé le nom de Ragusa à des enquêteurs de la GRC qui se sont rendus les rencontrer à New York.

Selon nos informations, ils ont plutôt indiqué que le quatrième meurtrier des trois capitaines, qui n'a jamais été identifié et qui serait un Montréalais, n'avait plus de lobe à une oreille. Ragusa n'a jamais été arrêté et accusé de ce triple meurtre.

Cassette gênante

Un peu malgré lui, Ragusa avait nui à la cause de Vito Rizzuto lorsque ce dernier a été arrêté en 2004 et était menacé d'extradition vers les États-Unis.

Lors d'une sortie ou d'une libération conditionnelle, Ragusa n'avait pas dit aux autorités carcérales qu'il assisterait au mariage de l'un de ses enfants. Les enquêteurs des Services correctionnels et la police avaient ensuite mis la mis sur une cassette vidéo de la réception de ce mariage et s'en étaient servie pour démontrer que Ragusa avait brisé ses conditions. La même cassette a rebondi durant l'enquête sur remise en liberté de Vito Rizzuto; les procureurs l'ont utilisée pour démontrer les liens entre Vito Rizzuto et d'autres individus liés à la mafia, contribuant ainsi à ce que sont cautionnement lui soit refusé.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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