La famille Kaddour réfute la thèse de la tentative de vol

Massinissa KaddourTué par des agents de Garda le...

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Massinissa KaddourTué par des agents de Garda le 1er février à Longueuil

Un mois après le drame, les proches de Massinissa Kaddour, cet homme abattu par un convoyeur de fonds de la société Garda à Longueuil, continuent de chercher des réponses, mais ils sont certains que le défunt ne cherchait pas à voler l'argent transporté dans le fourgon.

Les enquêteurs longueuillois auraient eux aussi des doutes quant à cette thèse.

Vers 1h30 dans la nuit du 31 janvier au 1er février, deux hommes de Garda récupéraient des fonds au guichet automatique de la banque Toronto Dominion au 2155, boulevard Roland-Therrien, à Longueuil.

Massinissa Kaddour, 32 ans, aurait surgi d'une façon qui les aurait pris de court. Un agent a fait feu sur l'homme, le blessant mortellement..

Rapidement, l'hypothèse de la tentative de vol qui aurait mal tourné a été évoquée.

Mais la famille du défunt, dont la dépouille a été ramenée dans son Algérie natale, n'y croit pas du tout.

La plupart des braqueurs de fourgons de transport de valeurs sont organisés, armés, agissent en groupe et ont une voiture de fuite. Kaddour n'avait rien de cela.

«Il ne manquait de rien. Il n'avait pas de loyer à payer, pas besoin d'argent, donc aucune raison de voler», déclare son frère Mohand Kaddour.

Massinissa Kaddour habitait juste en face du petit centre commercial où se trouve la succursale bancaire. Son frère raconte qu'il avait étudié en mécanique à l'Institut maritime de Rimouski et que, quand il était là-bas, il avait sombré dans une dépression qui expliquerait, selon lui, un de ses antécédents judiciaires. En 2007, il avait été accusé de voies de fait, à Rimouski. Il avait obtenu une absolution conditionnelle et dû réaliser 50 heures de travaux communautaires.

Un autre élément, remontant à 2010, figure à son casier judiciaire. Il avait été arrêté pour introduction par effraction et condamné à une probation de deux ans.

«Il ne travaillait pas, il avait été déclaré invalide, était suivi médicalement et touchait un chèque de sécurité du revenu», explique Mohand Kaddour.

Il croit que la nuit du drame, son frère a dû vouloir aller retirer de l'argent, puisque c'était le 1er du mois.

«Il a dû vouloir aller au guichet, et les agents de Garda ont dû lui en interdire l'accès. Ces gens-là sont toujours sous le stress. Il se peut qu'ils lui aient mal parlé, et qu'il leur ait répondu: «Je ne bouge pas d'ici.» Peut-être a-t-il fait une mauvaise blague», suppose le frère.

«Il n'était pas violent. Mais il avait de moins bons moments. Il n'est pas du genre à se laisser faire si on lui parlait mal», ajoute-t-il.

Mais rien ne peut justifier qu'on ait tiré sur lui, tempête l'homme.

La police de Longueuil a rencontré plusieurs témoins qui se trouvaient au Tim Hortons à ce moment-là, et regardé l'enregistrement des caméras de surveillance qui ont pu filmer la scène. «Nous attendons notamment le résultat des analyses balistiques, pour valider ou non les dires de témoins», explique l'agent Mark David, porte-parole de la police de Longueuil.

Selon nos sources, les enquêteurs seraient eux aussi sceptiques quant à la thèse du vol, étant donné l'absence évidente de planification par M. Kaddour.




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