La Couronne insiste sur les zones grises du témoignage de Tshilumba

Randy Tshilumba est accusé du meurtre prémédité de Clémence... (Photo déposée en Cour)

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Randy Tshilumba est accusé du meurtre prémédité de Clémence Beaulieu-Patry.

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C'est parce qu'il «voulait avoir des vêtements propres», et non pour modifier son apparence pour ne pas être reconnu par les policiers que Randy Tshilumba a changé tous ses vêtements, même ceux immaculés, dans les toilettes du Tim Hortons, après avoir poignardé une dizaine de fois Clémence Beaulieu-Patry dans un Maxi le 10 avril 2016.

«Pourquoi vous n'appelez pas la police ? Pourquoi vous changer d'apparence?», a martelé la procureure de la Couronne Catherine Perreault en contre-interrogatoire. Selon Randy Tshilumba, il n'aurait fait qu'«envenimer la situation» s'il avait appelé la police, puisque cela aurait «augmenté la détermination» des cinq femmes à le tuer. Il n'avait d'ailleurs «aucune» inquiétude par rapport à la présence des policiers près du restaurant. S'il s'était caché dans les toilettes pendant des heures après le meurtre, c'était seulement pour ne pas être retrouvé par Clémence et ses quatre amies, a-t-il assuré.

Au premier jour de son contre-interrogatoire, la Couronne a insisté sur la capacité de l'accusé à mentir, notamment à sa médecin deux mois avant le meurtre, et sur les zones grises du témoignage de Randy Tshilumba pendant les jours précédant le meurtre de Clémence Beaulieu-Patry.

La semaine dernière, Randy Tshilumba a affirmé avoir poignardé Clémence Beaulieu-Patry pour protéger les clients du Maxi, puisque celle-ci avait une arme à feu cachée dans les poches, selon lui. «Elle vous attaque. Vous avez la confirmation de vos craintes que vous vivez depuis des mois. Pourquoi vous ne demandez pas d'aide ?», s'est questionné Me Perreault. «Sur le coup, j'ai paniqué, j'ai pas agi rationnellement, j'ai vraiment paniqué. Toutes mes actions étaient des réflexes, je ne pensais pas à ce que je faisais, j'étais vraiment dans le moment», a rétorqué Randy Tshilumba. Rappelons que son avocat, Me Philippe Larochelle, soutient qu'il souffre de «délire» et de «troubles mentaux».

«Faire la paix» avec Clémence

Randy Tshilumba s'était rendu à quatre reprises au Maxi au mois d'avril pour «faire la paix» avec Clémence. Quelques jours plus tôt, il avait tenté de faire de même avec Myriam Ben Said, la meilleure amie de la victime. C'est d'ailleurs parce que le Maxi était plus «sécuritaire» que le magasin de chaussures où travaillait Myriam que Tshilumba a décidé de concentrer ses efforts sur la victime. 

Une semaine avant de tuer Clémence, Randy Tshilumba a d'abord tenté de parler avec Myriam Ben Said pour la convaincre de ne pas le tuer. Malgré sa terreur, Randy Tshilumba a fait «deux pierres d'un coup» ce jour-là en magasinant une paire de souliers, a-t-il témoigné. Il n'a pas «accordé d'importance» au fait que la jeune femme ne l'ait pas reconnu. L'accusé a même dû lui rappeler son nom pendant leur discussion, puisque celle-ci ne se rappelait pas d'être allé à l'école avec lui. «C'était ambigu», a ensuite répété l'accusé. Au terme d'un contre-interrogatoire serré sur cette rencontre, l'accusé a admis avoir changé «un peu» sa version des faits.

Le contre-interrogatoire se poursuit mardi.




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