Un an de prison pour la mort de son fils atteint de septicémie

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Le juge a condamné Philippe Guertin à une peine d'un an de prison pour « avoir omis de fournir les choses nécessaires à l'existence de son enfant ».

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Philippe Guertin, un jeune homme qui a trouvé son enfant de moins de 3 ans mort dans son lit, dans la matinée du 3 février 2008, a écopé d'un an de prison, la semaine dernière, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le piteux état de santé de l'enfant, dans les jours précédant sa mort, aurait dû inciter le père à consulter un médecin.

Accusé au départ d'homicide involontaire et de négligence criminelle, M. Guertin a plaidé coupable à l'accusation moindre d'avoir omis de fournir les choses nécessaires à l'existence de son enfant.

Le petit garçon est mort d'une septicémie à Staphylococcus aureus. Cette bactérie peut causer des infections le plus souvent bénignes chez l'enfant. Mais l'infection peut aussi se disséminer dans tout le corps par voie sanguine. À ce moment, des symptômes importants peuvent apparaître comme de la fièvre, une perte d'appétit et d'équilibre, de la somnolence et des lésions superficielles sur la peau, selon le rapport du Dr Gilles Fortin, spécialiste en maltraitance à l'hôpital Sainte-Justine. C'est ce qui s'est produit avec le fils de M. Guertin.

M. Guertin et la mère du bambin ne vivaient plus ensemble. L'homme de 24 ans avait la garde au moment des faits. À partir du 31 janvier, l'enfant s'est mis à marcher plus difficilement. Il s'alimentait et buvait peu. La veille de sa mort, il s'endormait, avait de petites taches rouges un peu partout sur le corps et ne mangeait plus. 

M. Guertin, qui venait de perdre son emploi, n'avait plus de voiture. Il a tenté de joindre son grand-père pour qu'il les amène à l'hôpital. Mais il n'a pas eu de réponse. Il n'a pas appelé Info-Santé parce qu'il ne connaissait pas ce service.

TENSIONS AVEC SA MÈRE

M. Guertin aurait pu appeler sa mère, mais il ne l'a pas fait parce qu'il ne s'entendait pas bien avec elle. Celle-ci a été atterrée par la perte du petit. Elle avait commencé à le garder à l'âge de 3 ou 4 mois. Lorsque les parents lui amenaient l'enfant, ils ne laissaient ni vêtements de rechange, ni couches, ni nourriture, a-t-elle fait valoir au moment des plaidoiries.

Philippe Guertin demeurait avec une femme au moment des faits. Celle-ci a aussi été accusée, mais les accusations ont été abandonnées après l'enquête préliminaire. 

Il est à noter que, parfois, la septicémie peut être fulgurante. Mais dans le cas présent, elle était progressive. L'infection aurait pu être diagnostiquée et traitée, selon le Dr Fortin. Dans son rapport, il signale que les signes nets de problèmes aigus de santé auraient alerté tout parent consciencieux et auraient mené à une consultation.

« C'est la gaffe de ma vie », a fait valoir M. Guertin lorsque son avocat, Me David Petranic, lui a demandé comment il se sentait. L'avocat proposait une peine d'un an à purger dans la collectivité, tandis que Me Nicolas Rochon, de la Couronne, demandait deux ans de prison ferme. Le juge Maurice Galarneau a opté pour une peine d'un an de prison ferme.

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