Affaire Cinar: Ronald Weinberg condamné à 9 ans de prison

Ronald Weinberg... (Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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Ronald Weinberg

Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

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Ronald Weinberg, cofondateur de Cinar, écope de neuf ans de prison pour les gestes pour lesquels il a été déclaré coupable le 2 juin dernier. Ses coaccusés, John Xanthoudakis, qui dirigeait Norshield, et Lino Matteo, PDG de Mount Real, sont condamnés à huit ans pour leur implication dans cette fraude de plus de 120 millions aux dépens de Cinar.

En rendant sa décision, mercredi, le juge Pierre Labrie a indiqué que M. Weinberg, 65 ans, avait eu un rôle de leader dans la fraude. Le juge estime que M. Xanthoudakis, 58 ans, a eu pour sa part un rôle « clé », tandis que M. Matteo, 54 ans, arrivé plus tard dans le portrait, a agi comme un « mercenaire. »

Le juge a rendu une décision étoffée qu'il a lue pendant plus de deux heures. Il a commencé par M. Weinberg. Au chapitre des facteurs aggravants, le juge a retenu la position que M. Weinberg occupait chez Cinar, le fait que c'était une compagnie publique et que 80 % des actifs de Cinar ont été transférés aux Bahamas à l'insu du conseil d'administration. Cet argent a été mis à risque. La fraude était planifiée, sophistiquée et difficile à détecter. Il y a eu un abus de confiance et M. Weinberg a été motivé par l'appât du gain, a encore noté le juge. M. Weinberg rejetait la faute en grande partie sur Hasanain Panju, qui s'occupait des finances chez Cinar. Celui-ci a reconnu sa culpabilité en 2014, juste avant le début du procès, et a écopé de quatre ans de prison. Certes, M. Panju était partie à cette fraude, mais celle-ci n'aurait pas été possible sans l'assentiment de M. Weinberg, a fait valoir le juge. C'était lui, le grand patron.

Le juge a calibré sa sentence en tenant compte également des facteurs atténuants. Parmi ceux-ci, on note l'âge de M. Weinberg, le fait qu'il a toujours respecté ses conditions de remise en liberté et le fait qu'il a effectué des remboursements et réglé un recours collectif. Les deux fils que M. Weinberg a eus avec feu Micheline Charest de même que sa deuxième femme ont quitté la salle d'audience dès après l'imposition de la peine.

Le juge a ensuite prononcé la peine de M. Xanthoudakis, qui était PDG de Norshield au moment des faits. Ce dernier s'était défendu en disant qu'il avait tenté de faire du mieux qu'il pouvait dans une mauvaise situation. Le juge a relevé qu'il avait été au centre de la stratégie pour fabriquer de faux documents.

En ce qui concerne M. Matteo, un comptable, le juge a fait valoir qu'il avait mis ses connaissances au service de M. Xanthoudakis.

Satisfaits

Les procureurs de la Couronne qui ont piloté ce dossier, Me Céline Bilodeau et Me Matthew Ferguson, étaient bien satisfaits des sentences.

« On est très satisfaits avec la peine aujourd'hui. On est très proche de la peine maximale », a commenté Me Ferguson.

« Le juge a reconnu le rôle prédominant de M. Weinberg, alors que durant tout le procès, on a voulu blâmer M. Panju, a dit de son côté Me Bilodeau. M. Panju a sa part de responsabilité, on ne peut le nier. Mais comme le juge l'a dit, la fraude n'aurait pas pu être commise sans l'assentiment de M. Weinberg. Il était son subordonné. »

De petits investisseurs qui ont perdu de l'argent dans cette aventure étaient aussi présents.

« On est satisfaits », a commenté Catherine MacDonald, une enseignante à la retraite qui a perdu avec son mari quelques centaines de milliers de dollars qu'ils croyaient avoir investis sans risque dans Mount Real et Norshield.

Me Annie Émond, qui représente M. Weinberg, a indiqué qu'elle allait discuter avec son client pour déterminer s'il fera appel.

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