Guerrier aurait tenté d'étouffer un automobiliste deux semaines plus tôt

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Idelson Guerrier est accusé d'avoir tué avec préméditation deux patients de l'hôpital Notre-Dame et d'avoir tenté d'en tuer deux autres, entre le 16 et le 22 juin 2012, alors qu'il était lui-même hospitalisé à cet endroit.

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Deux semaines avant d'être admis en psychiatrie à l'hôpital Notre-Dame, Idelson Guerrier a tenté d'étouffer un automobiliste qu'il ne connaissait même pas, selon sa conjointe. L'incident s'est passé à Joliette, où le couple et leurs deux enfants habitaient, en 2012.

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Fanny Moreau a témoigné, hier, au procès de son conjoint Idelson Guerrier.

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« J'avais demandé à Idelson de surveiller la plus petite dans l'auto. J'ai pris la plus grande, et je suis entrée dans la Banque Nationale pour déposer. Une fois en dedans, j'ai entendu klaxonner. Je suis sortie et j'ai vu Idelson qui était par-dessus un monsieur qui était assis dans son véhicule, pris dans le volant.

« Idelson avait les mains dans le cou du monsieur, il était en train de l'étouffer. J'ai crié : "Idelson, qu'est-ce que tu fais ?" Il a figé », a raconté Fanny Moreau, hier, alors qu'elle témoignait au procès de son conjoint.

L'homme de 35 ans est accusé d'avoir tué avec préméditation deux patients de l'hôpital Notre-Dame et d'avoir tenté d'en tuer deux autres, entre le 16 et le 22 juin 2012, alors qu'il était lui-même hospitalisé à cet endroit.

Il avait beaucoup changé

Appelée à témoigner en défense, Mme Moreau a relaté que son conjoint avait beaucoup changé entre le moment où elle s'est mise à sortir avec lui, en 2009, et les événements, en 2012. En 2009, il était charmant et attentionné.

« Le genre de gars que n'importe quelle femme aime. La terre pouvait trembler autour, je pouvais toujours compter sur lui », a-t-elle dit, avant d'ajouter qu'en plus, il était fort sur le ménage. « Il le faisait mieux que moi. »

Le couple a eu deux filles, nées en 2010 et en 2011. Le comportement de M. Guerrier a changé particulièrement à partir de 2011. Il est devenu nonchalant et détaché, comme centré sur lui-même, selon elle. Sa consommation de cannabis, qui était de un gramme et demi par semaine, a augmenté. Il s'est mis à l'acheter à l'once, pour économiser. « Ça coûtait entre 100 $ et 150 $ l'once. Je le sais, parce que je voyais l'argent sortir du compte de banque. C'est moi, le ministre des Finances à la maison », a dit Mme Moreau. 

Le couple ne roulait pas sur l'or. Elle travaillait dans une épicerie et Idelson travaillait chez Olymel, ce qui leur procurait un revenu total d'environ 2400 $ par mois. « J'ai chialé beaucoup pour qu'il arrête de fumer », a précisé Mme Moreau.

De mal en pis

En 2011, Mme Moreau se souvient que M. Guerrier s'est mis aussi à être paranoïaque, qu'il était agité. Il se sentait épié, observé, craignait qu'il y ait des micros dans la maison et dans son téléphone. « Il pensait que les voisins complotaient contre lui, et que j'étais avec eux. »

« Si je regardais dehors, il disait que je faisais des plans avec les voisins. Au début, je me disais que c'était de la jalousie, mais Idelson n'avait jamais été jaloux. Du jour au lendemain, il s'est mis à me checker. C'était dur à gérer. »

M. Guerrier a eu des problèmes au travail. Il a été suspendu en février 2012, en raison de son comportement. Il avait de bonnes et de moins bonnes journées, a illustré Mme Moreau. « Des fois, il revenait et me disait : "Je suis le roi." Je disais "Le roi de quoi ?" Il disait : "Tout le monde m'adore !" Il n'était pas modéré comme une personne normale. Et il avait des problèmes de sommeil. »

Selon Mme Moreau, son conjoint a cessé de consommer à la fin du mois de mai 2012. Il était très agité, au point où elle lui a presque demandé de recommencer, tellement il était insupportable. Le cannabis le calmait, a-t-elle dit.

Le 13 juin, M. Guerrier est allé donner sa démission chez Olymel, accompagné de Mme Moreau. Après, il a voulu aller à Montréal, chez sa mère. Mme Moreau est allée le conduire. Il était très perturbé, « c'était constant depuis un mois », a-t-elle signalé. Mme Moreau est entrée chez la mère de M. Guerrier et a éclaté en sanglots. « Il était visiblement malade. J'étais dépassée. J'ai parlé avec sa soeur, je lui ai raconté. »

Les deux femmes ont convenu d'appeler la police. « J'ai appelé, j'ai dit : "Il y a quelqu'un en psychose, et il y a des enfants dans la maison. Je veux une ambulance" », a relaté Mme Moreau.

Idelson Guerrier a été transporté en ambulance à l'hôpital Notre-Dame, où il a été hospitalisé en psychiatrie jusqu'à son arrestation, le 22 juin 2012.

M. Guerrier, qui a témoigné à son procès, admet que c'est possible qu'il ait étouffé deux patients et tenté d'en étouffer deux autres. Mais il dit ne pas s'en souvenir.

Dans cette affaire, deux thèses s'affrontent : la Couronne soutient que M. Guerrier a commis les crimes de façon délibérée, alors que la défense affirmera qu'il était en perte de contact avec la réalité en raison d'un début de schizophrénie.

Le procès devant jury est présidé par la juge Hélène Di Salvo. Me Geneviève Dagenais représente la Couronne, tandis que Me François Bérichon défend l'accusé.

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