Stéphane «Godasse» Gagné: le jury recommande une libération anticipée en janvier 2017

Stéphane «Godasse» Gagné en 1997.... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Stéphane «Godasse» Gagné en 1997.

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Un jury a recommandé  mardi après-midi la libération anticipée de l'ex-motard Stéphane «Godasse» Gagné à partir du mois de janvier 2017.

Les jurés ont rendu leur décision après une journée et demie de délibérations au palais de justice de Montréal.

Le délateur, détenu depuis 18 ans pour le meurtre de la gardienne de prison Diane Lavigne, pourrait ainsi retrouver sa liberté cinq ans plus tôt que prévu. Ce serait une première au Québec, selon son avocate, Me Sandra Brouillette.

Assis dans le box des accusés, le délateur est resté très calme lors du prononcé du verdict. «Mon client est satisfait, soulagé également. Vous savez, c'est un événement très difficile dans la vie d'un condamné à vie de demander une révision judiciaire, a expliqué Me Brouillette après avoir parlé brièvement à M. Gagné. Ça l'a amené à revivre des événements traumatisants et à pouvoir mettre un visage sur les victimes collatérales de son crime.» 

Aux yeux de l'avocate du détenu, le jury a «tranché la poire en deux». C'est que Gagné aurait voulu sortir de prison le plus tôt possible. Le jury a décidé qu'il devait rester encore au moins un an en prison.

La décision du jury n'équivaut pas à une libération automatique. Le délateur obtient ainsi le droit de s'adresser à la Commission nationale des libérations conditionnelles, qui elle, prendra la décision finale.

De son côté, le procureur de la Couronne, Me François Lanthier, a rappelé le «bon comportement» de Gagné en prison et son rôle «déterminant» joué dans différents procès durant lesquels il a fait condamner de nombreux motards, dont le chef des Hells Angels, Maurice Boucher. 

Fait rare : la Couronne recommandait aussi la libération anticipée de Stéphane Gagné.

Au moment des audiences, la poursuite a fait témoigner les deux filles de Diane Lavigne. L'une s'opposait à sa libération anticipée, alors que l'autre lui a presque pardonné.

«Ce n'est pas ce que j'espérais», a laissé tomber l'une des deux filles de la victime, Chantal Daoust qui aurait aimé voir Gagné purger la totalité de sa peine de 25 ans de prison. 

Aujourd'hui âgée de 38 ans, celle qui est devenue orpheline à 20 ans, était présente dans la salle d'audience lorsque le meurtrier de sa mère lui a demandé pardon. Il a longuement témoigné sur le fait qu'il éprouvait des «regrets» et qu'il avait beaucoup cheminé en prison. 

Mme Daoust l'a trouvé «sincère», mais pas au point de lui pardonner. Celle qui est devenue mère de famille à son tour veut aujourd'hui «tourner la page». «Je vais maintenant travailler sur moi», a dit la femme courageuse avant de quitter le palais de justice.

Le motard surnommé «Godasse» a assassiné la gardienne de prison en 1997 pour grimper des échelons dans l'organisation des Hells Angels. Il a retourné sa veste après avoir plaidé coupable à ce meurtre. Il a accepté de témoigner pour la Couronne et cette dernière a - en échange - fait tomber les accusations qui pesaient contre lui au sujet du meurtre d'un second gardien de prison, Pierre Rondeau. 

Le détenu bénéficie d'une mesure prévue dans le Code criminel qui permet à l'auteur d'un meurtre, après 15 ans de détention, de s'adresser à un jury pour faire devancer sa date d'admissibilité à une libération conditionnelle. S'il avait été condamné à deux meurtres, il n'aurait pas pu bénéficier de cette mesure.

Cette «clause de la dernière chance» a été abolie par le gouvernement Harper en 2011. Or, Gagné peut encore s'en prévaloir puisque le meurtre a été commis avant 2011.

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