Une ancienne cégépienne obtient 130 000$ pour un doigt sectionné

Le cégep montréalais John Abbott.... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Le cégep montréalais John Abbott.

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Une ancienne élève en arts plastiques et sa mère recevront 130 000 $ du cégep montréalais John Abbott, huit ans après que la jeune femme s'est sectionné l'index sur une scie à ruban dans un atelier de l'établissement.

Aimée Boucher avait 18 ans lorsqu'elle s'est infligé cette blessure pendant un cours de sculpture sur bois.

Il y a quelques semaines, le juge Pierre Gagnon de la Cour supérieure a déterminé qu'un adulte responsable aurait dû être présent en tout temps lorsque les élèves utilisaient la scie à ruban. Le surveillant d'atelier était parti aux toilettes au moment de l'accident.

« Aimée Boucher tenait dans ses mains un bâton de bois [servant à pousser la pièce à couper] et a secoué sa main pour tenter de déloger un débris près de la lame », a relaté le magistrat. C'est à ce moment qu'elle s'est sectionné l'index de la main droite.

« Le geste sécuritaire et raisonnable [de la part du surveillant d'atelier] aurait été d'interrompre l'utilisation de la scie à ruban jusqu'à ce qu'il revienne des toilettes », a fait valoir le tribunal.

«La présence [du surveillant] aurait sûrement fait diminuer le niveau de stress d'Aimée Boucher et aurait pu l'empêcher de tenter de déplacer le débris de bois. [Le surveillant] aurait même pu déplacer lui-même le débris.»

Pierre Gagnon
Juge de la Cour supérieure

Toutefois, le Tribunal a aussi déterminé que l'élève avait fait preuve de « négligence » en tentant de déloger le débris si près de la lame.

En conclusion, le magistrat a donc déterminé que la jeune femme devait assumer 25 % de la responsabilité, contre 75 % pour le cégep John Abbott. Ce dernier a été condamné à verser des dommages de 81 000 $, auxquels il faut ajouter les intérêts et les frais d'experts, soit en tout près de 130 000 $.

« Nous sommes satisfaits »

Cette somme vise essentiellement à dédommager « le handicap permanent subi par une jeune femme de 18 ans qui a besoin de sa main dominante [la droite] pour oeuvrer dans le domaine de carrière qui l'intéresse, celui du dessin ».

Observant des illustrations mises en ligne sur le blogue personnel de la jeune fille après coup, le juge Gagnon a déterminé qu'elle n'avait rien perdu de son talent, mais que sa rapidité d'exécution avait été affectée par l'accident.

« Nous sommes satisfaits », a indiqué Daniel Romano, l'avocat de Mme Boucher et de sa mère, compensée pour les dépenses supplémentaires encourues. « Le juge a très bien écouté les preuves et nos [prétentions]. Il nous a donné toute son attention et il a bien jugé dans les circonstances. » « Il est arrivé à une bonne conclusion », a-t-il ajouté.

Le cégep John Abbott a dit accepter la décision de la Cour supérieure et avoir déjà versé le montant des dommages auxquels il a été condamné.

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