Collège Bourget: la fin d'un long processus pour une victime d'agressions

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Un ancien élève du collège Bourget de Rigaud pourra bientôt affirmer que les procédures judiciaires qu'il avait intentées en 2010 contre trois clercs de Saint-Viateur sont parvenues à leur terme. Il leur reprochait des agressions sexuelles survenues au début des années 80.

À moins d'un appel, la dernière étape du procès doit avoir lieu le 22 avril, date prévue des observations sur la peine dans la cause qui oppose l'ancien élève à l'ex-responsable de la pastorale du collège Bourget, Laurent Madore, aujourd'hui âgé de 77 ans.

Ce dernier a été déclaré coupable, le 18 février, de grossière indécence, aux termes du libellé en vigueur dans le Code criminel à l'époque des faits reprochés. Les gestes que le frère Madore a commis à l'endroit de l'élève de 14 ans correspondraient aujourd'hui à une agression sexuelle.

L'avocate de M. Madore a laissé entendre qu'elle demanderait un sursis, soit une peine allégée.

Trois accusés

La juge Anne-Marie Jacques a déclaré Laurent Madore coupable cinq ans après que l'ancien élève du collège eut porté plainte, en 2010, contre trois clercs de Saint-Viateur pour des agressions survenues alors qu'il fréquentait le collège Bourget, dans les années 80. Le plaignant avait alors 14 ans.

Un premier accusé, Gérard Whissell, a été acquitté en juin 2014. La juge Odette Perron s'était alors dite convaincue que des actes sexuels indécents avaient été posés à l'endroit du plaignant, mais estimait qu'un doute raisonnable sur la véritable identité de son agresseur l'obligeait à acquitter M. Whissell.

Un deuxième frère mis en cause, Georges Montpetit, 82 ans, avait d'abord été déclaré inapte à subir son procès par une équipe de l'Institut psychiatrique Philippe-Pinel en raison de son état de santé. Il est mort avant son procès.

Une mémoire qui « fait des soubresauts »

En rendant son jugement sur le frère Madore, la juge Jacques a souligné « l'intégrité » et « l'authenticité » du témoin. « Il répond aux questions avec sincérité et franchise. Il n'exagère pas les faits et se reconnaît sans hésitation des torts dans cette affaire », a-t-elle déclaré.

En revanche, la magistrate a dénoncé les « soubresauts » de la mémoire de Laurent Madore lorsqu'il est question des infractions qu'on lui reproche.

«L'accusé donne l'impression de vouloir faire diversion et éloigner les questions gênantes liées au crime...»

La juge Anne-Marie Jacques au sujet de Laurent Madore

Elle a souvent répété son incrédulité face aux déclarations du frère, qui a assuré ne pas connaître le plaignant. « La conduite sexuelle de l'accusé avec le plaignant, telle que décrite et analysée, s'écarte suffisamment du comportement décent que l'on attend d'un citoyen canadien, même à cette époque, pour constituer un délit de grossière indécence », a-t-elle tranché, en déclarant le frère Madore coupable de grossière indécence, mais non d'atteinte à la pudeur.

Un dur processus

« Le système judiciaire est monté pour l'agresseur et non la victime », a commenté le plaignant. « C'est à la victime de faire la preuve, dans un système où l'avocat de la défense a juste à émettre un doute. Ça a été très dur de traverser tout ça, très dur psychologiquement, mais au moins il y a une victoire dans tout ça. »

En cour, l'ex-élève a rapporté trois événements au cours desquels Laurent Madore et lui se sont adonnés à des attouchements, parfois mutuels.

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