Éric Daudelin croit que la police a «planté» de la preuve

Un croquis d'Éric Daudelin réalisé à son procès... (Dessin Mike McLaughlin)

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Un croquis d'Éric Daudelin réalisé à son procès pour le meurtre, l'agression sexuelle et la séquestration de Joleil Campeau.

Dessin Mike McLaughlin

Éric Daudelin continue d'affirmer qu'il a fait de faux aveux en juin 2011, et qu'il n'a rien à voir avec la mort de Joleil Campeau, survenue en juin 95. Le fait que son ADN ait été retrouvé sur la petite culotte de l'enfant 16 ans après le drame, il trouve ça «bizarre». Il pense que c'est la police qui a «planté» cette preuve.

«J'ai vu bien des policiers corrompus. Rien ne me surprend», a fait valoir M. Daudelin, alors qu'il était contre-interrogé par le procureur de la Couronne Pierre-Luc Rolland, ce matin.

Me Rolland a voulu faire expliquer au témoin comment la police s'y serait prise pour «le framer», avec son ADN, puisqu'il s'agissait de sperme sur le vêtement de l'enfant, qui avait passé quatre jours enfouie dans la vase.

M. Daudelin a expliqué qu'il avait été arrêté et accusé d'agression sexuelle le 3 juillet 1995, soit environ deux semaines après la mort de Joleil. «Au procès, il y a eu du sperme contre moi. Où il a été pris, qu'est-ce qu'ils ont fait avec, je le sais pas», a-t-il dit, laissant entendre que la police aurait pu manipuler la preuve de sperme pour qu'il se retrouve sur la culotte de Joleil.

M. Daudelin avait été déclaré coupable pour l'agression sexuelle et avait écopé cinq ans de prison, qu'il a purgés en entier. Il soutient qu'il n'était pas coupable, car il s'agissait d'une relation consentante avec une jeune femme qu'il avait rencontrée dans un bar. Elle avait accepté de le suivre chez lui pour écouter un film, et ils avaient eu des rapports sexuels. Le problème, selon lui, c'est qu'il a confié à sa partenaire qu'il avait fait de la prison pour des agressions sexuelles. Ce qui a incité cette dernière à porte plainte contre lui, croit-il. M. Daudelin était sorti de prison en mai 1995, après avoir purgé une peine de deux ans pour six agressions sexuelles.

Rappelons que le procès devant jury de M. Daudelin est sur les rails depuis deux semaines. L'homme de 40 ans est jugé en lien avec le meurtre, l'agression sexuelle et la séquestration de Joleil Campeau. Le cadavre de l'enfant de neuf ans avait été trouvé dans un ruisseau d'Auteuil, tout près de chez elle, le 16 juin 1995, soit quatre jours après sa disparition.

M. Daudelin, qui était familier avec ce quartier puisqu'il y avait passé une grande partie de son enfance, avait été suspecté dès le début, avant même que le corps de l'enfant soit retrouvé. Il avait été interrogé pendant de longues heures, et la police avait fouillé son véhicule, ainsi que la maison et le chalet de ses parents. Il n'y avait pas de preuve contre lui. Quand la police de Laval a réouvert l'enquête, en 2009, les techniques d'ADN avaient évolué et il a été possible de trouver un profil masculin sur la culotte de la fillette, ainsi que sur une cagoule trouvée dans le secteur, en 1995. Les deux donnaient le profil de M. Daudelin.

Le contre-interrogatoire de M. Daudelin se poursuit cet après-midi.




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