Procès d'Éric Daudelin: au tour de la défense de présenter sa preuve

Éric Daudelin a été accusé du meurtre de Joleil... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Éric Daudelin a été accusé du meurtre de Joleil Campeau en juin 2011.

Photo Alain Roberge, archives La Presse

Mercredi matin, au huitième jour du procès d'Éric Daudelin, la Couronne a indiqué que sa preuve était close. La défense a annoncé qu'elle aurait pour sa part deux témoins à faire entendre.

L'un de ces témoins, Serge Boulianne, est l'enquêteur de la police de Laval qui était en charge du dossier du meurtre de la petite Joleil Campeau, en 1995. Il est aujourd'hui retraité. M. Boulianne a témoigné au début du procès, la semaine dernière. Il avait été appelé par la Couronne. Me Daudelin l'a rappelé à la barre, au moment d'ouvrir sa défense, aujourd'hui.

Le témoignage de M. Boulianne a cependant vite été interrompu. Me Daudelin lui a présenté une note de service interne de la police de Laval, datant du 5 juin 1996. M. Boulianne aurait écrit cette note à l'approche du premier anniversaire du meurtre de Joleil Campeau. À ce moment, Me Bruno Larivière de la Couronne, a formulé une objection, si bien que le jury a dû se retirer pour laisser les avocats et la juge discuter. Les discussions n'ont pas été bien longues, mais il a été convenu de reporter la suite du procès à jeudi.

Rappelons que M. Daudelin est accusé du meurtre prémédité de Joleil Campeau, ainsi que de séquestration et d'agression sexuelle à son endroit. L'enfant de neuf ans s'en allait chez une amie, un peu avant 17 heures, le 12 juin 1995. Elle ne s'y est jamais rendue. Son corps a été trouvé dans un ruisseau d'eau boueuse, non loin de chez elle, quatre jours plus tard.

Suspect

Éric Daudelin, qui avait 21 ans à l'époque,  avait été suspecté parce qu'il demeurait non loin et qu'il avait des antécédents d'agression sexuelle. La police l'avait interrogé pendant de longues heures, et avait examiné son véhicule. M. Daudelin avait accepté qu'on lui fasse des prélèvements pour comparaisons d'ADN, mais avait refusé de passer le test polygraphique.

Faute de preuves, le meurtre de Joleil Campeau est resté dans les limbes pendant 16 ans. L'enquête a été rouverte en 2009. L'avancement de la science en prélèvement d'ADN a permis cette fois d'établir un profil sur des éléments de preuve. Et ce profil était celui de M. Daudelin.

Dans l'espoir de bonifier leur preuve, les policiers ont organisé une  opération d'infiltration dont la cible était M. Daudelin, au printemps 2011. Le but était d'obtenir des aveux sur le meurtre de Joleil Campeau. L'opération appelée Crotale a duré quatre mois, au cours desquels M. Daudelin a été impliqué à son insu dans 45 scénarios. M. Daudelin croyait avoir été recruté dans une prospère organisation criminelle. Il a fait des aveux détaillés sur le meurtre de l'enfant, le 21 juin 2011, au 45e scénario.

En contre-interrogeant Robert et Claude, les deux policiers qui ont le plus côtoyé M. Daudelin pendant cette opération, Me Gilles Daudelin a laissé entendre que son client a pu faire une déclaration de complaisance. Ceci par crainte d'être exclu de l'organisation criminelle qui le faisait vivre depuis quatre mois. M. Daudelin a reçu entre 18 000 et 20 000 $ pour les services qu'il a rendus et ses dépenses, pendant l'opération dont il était la cible.




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