Un conte de fées pour Daudelin, accusé du meurtre de Joleil Campeau

Éric Daudelin... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Éric Daudelin

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Des petits boulots faciles, du bel argent qui rentrait, des soupers copieux avec les camarades, des match de boxe et de hockey au centre Bell, des voyages... Éric Daudelin croyait sûrement avoir rencontré sa bonne fée, au printemps 2011, quand il a été repêché par une prospère bande de criminels.

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Joleil Campeau

Photo: Archives La Presse

Il ne se doutait pas que ses nouveaux collègues de travail étaient des policiers, et qu'il était en train de se magasiner une belle paire de menottes.

C'est ce qui se dégage du témoignage rendu ce matin par DG876, au procès d'Éric Daudelin, qui se tient à Laval. L'homme de 39 ans est accusé du meurtre de la petite Joleil Campeau. 

DG876 est le nom de code du policier de la GRC, «l'agent couvreur» qui a imaginé et contrôlé les 45 scénarios de l'opération «Mister Big» visant à piéger M. Daudelin, en 2011. Témoignant à l'abri des regards du public, caché par un paravent, le policier a d'abord expliqué au jury ce qu'est un Mister Big. Il s'agit de policiers qui se font passer pour une bande de criminels dans le but d'avoir des aveux d'un suspect. Les policiers parlent comme des criminels, et agissent comme tel, du moins en apparence. Ce type d'opération est utilisé occasionnellement dans les cas de meurtres non résolus ou de crimes graves, a-t-il dit.

Dans le cas qui nous occupe, il s'agissait d'élucider le meurtre de Joleil Campeau, une enfant de neuf ans qui avait été enlevée, agressée sexuellement et noyée dans un ruisseau d'Auteuil, en juin 1995. Le crime était resté impuni depuis. 

En 2011, Éric Daudelin était le suspect numéro un, parce que les nouvelles techniques en matière d'ADN avaient permis de retrouver le sien sur des objets reliés au crime. Pour bonifier leur enquête, les policiers de Laval ont voulu obtenir des aveux. Ils ont demandé l'aide de collègues d'autres corps de police, qui font des opérations Mister Big. Éric Daudelin a été attiré dans ce guet-apens en mars 2011. Ses premiers contrats consistaient simplement à faire des recherches, pour lesquelles il était payé quelques centaines de dollars. Au fil des scénarios, on lui a confié des boulots de plus en plus importants et qu'il croyait illégaux, et mieux rémunérés. Les nouveaux collègues de M. Daudelin s'employaient à l'éblouir et à le mettre en confiance. Il fallait donner l'impression d'un gang prospère, qui avait des contacts à travers le Canada, a expliqué le policier. D'ailleurs, on avait fait miroiter à M. Daudelin qu'il toucherait un magot de 50 000 $, pour participer à une «grosse job.» C'est dans le but de participer à cette «grosse job», que M. Daudelin est parti pour Vancouver le 20 juin 2011 avec un collègue. Le lendemain, M. Daudelin aurait fait des confidences sur le meurtre de la petite, alors qu'il était filmé à son insu. Il a été arrêté à son retour à l'aéroport de Montréal, le 22 juin 2011, et a été accusé du meurtre de l'enfant.

Le procès se poursuit cet après-midi avec la suite des témoignages reliés au Mister Big.




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