Les vols de cargaisons d'une valeur de 5,3 millions élucidés

Les enquêteurs ont retrouvé certaines des cargaisons volées... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Les enquêteurs ont retrouvé certaines des cargaisons volées grâce notamment à des appareils GPS que les propriétaires avaient installés sur leur remorque.

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Daniel Renaud
La Presse

Un très actif réseau de voleurs de cargaisons et de voitures de luxe soupçonné d'avoir dérobé pour plus de cinq millions de dollars de marchandises de toutes sortes en moins d'un an un peu partout au Québec a été démantelé ce matin, par la SQ.

Le réseau était divisé en trois cellules qui opéraient principalement au Québec, mais également au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Il est soupçonné d'être à l'origine de 63 vols de cargaison et de quinze vols de voitures de luxe depuis l'été 2016.

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Parmi les vols présumés, notons celui d'une remorque contenant pour plus d'un millions de dollars de homards commis au Nouveau-Brunswick, trois vols de fromage perpétrés aux installations d'Agropur en Beauce, des vols de pneus, de jus pétillant, de viandes, de bois, d'aluminium, de porcs, de carcasses de poulet et même de couches.

«Le réseau fonctionnait de différentes façon. Les voleurs repéraient de la marchandise dans des cours de triage 24 ou 48 heures avant de commettre le vol, pour d'abord la proposer à des acheteurs, ou bien ils attendaient d'avoir des commandes. Ils entraient dans des cours, brisaient les scellés sur les remorques, identifiaient la marchandise, trouvaient des clients, volaient un tracteur, volaient la remorque et écoulaient la marchandise, surtout dans la grande région de Montréal, avant d'abandonner le véhicule et la remorque», décrit le capitaine Charles Hudon des Crimes majeurs de la Sûreté du Québec, à Québec.

«Les voleurs attendaient également les opportunités. Comme par exemple, ils ont volé une cargaison de pneus au mois de novembre, en plein durant la saison des changements de pneus. On a attrapé les voleurs, mais leurs complices ont dérobé une autre cargaison de pneus seulement une heure après, tellement ils en avaient besoin», poursuit l'officier.

Seize personnes âgées entre 20 et 56 ans ont été arrêtées ce matin durant des perquisitions effectuées à Saint-Georges-de-Beauce, Saint-Liboire, Saint-Zotique, Saint-Paul-de-l'île-aux-Noix et à Memracook, au Nouveau-Brunswick. Elles devraient être accusées de vol et de recel, demain, au Palais de justice de Québec. Certains des suspects sont des acheteurs. Un d'entre eux a été arrêté au Centre de détention de Québec (Orsainville), car il est déjà accusé dans une importante affaire de trafic de méthamphétamine.

Selon le capitaine Hudon, le réseau n'est pas lié au crime organisé. «Par contre, pour écouler de telles quantités de marchandises, il se peut que les acheteurs aient été lié au crime organisé. Il y a aussi dans notre enquête un volet stupéfiants que nous sommes toujours en train d'étudier», dit-il.

Les enquêteurs ont retrouvé certaines des cargaisons volées grâce notamment à des appareils GPS que les propriétaires avaient installés sur leur remorque. Pour le moment, ils ont été incapables de retrouver les marchandises déjà écoulées, mais savent que le fromage volé s'est retrouvé dans des pizzérias de Montréal.

«Je n'ai jamais vu un réseau aussi actif et bien organisé. Ils voulaient sans cesse dépasser le nombre de leurs larcins. Notre enquête prenait toujours des proportions de plus en plus grande, nous étions rendus au Nouveau-Brunswick ou en Ontario. Nous avons pris cela au sérieux, car nous voulions nous rendre à un niveau jamais vu. Dans ce genre de crime, on a souvent tendance à croire que les compagnies d'assurances remboursent pour les pertes, mais ce n'est pas toujours le cas», conclut le capitaine Hudon.

L'enquête baptisée Obliger a débuté à l'été 2016, par des vols de tracteurs en Beauce, et a été menée en collaboration avec la GRC et d'autres corps de police municipaux. Plusieurs moyens d'enquête ont été utilisés, dont l'écoute électronique.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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