Un incendie dans une réserve de l'Ontario fait neuf morts

Une maison abandonnée de la réserve Pikangikum figure... (Photo John Woods, archives PC)

Agrandir

Une maison abandonnée de la réserve Pikangikum figure sur cette photo de janvier 2007.

Photo John Woods, archives PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michelle McQuigge, Peter Cameron
La Presse Canadienne
Pikangikum, Ontario

Neuf membres d'une même famille, dont trois enfants, auraient péri mercredi dans l'incendie d'une maison dans la réserve de la Première Nation Pikangikum, dans le nord-ouest de l'Ontario, a indiqué le député fédéral de la circonscription.

Robert Nault a déclaré depuis Ottawa que selon des responsables des services d'urgence, neuf personnes avaient perdu la vie dans la tragédie. Selon le député, les victimes seraient toutes de la même famille.

Une agente de la Police provinciale de l'Ontario, Diana Cole, a indiqué que l'incendie s'était déclaré un peu avant minuit, mardi, dans une seule maison de cette communauté nordique, située près de la frontière entre le Manitoba et l'Ontario, qui est frappée depuis des années par une vague de suicides.

Selon Mme Cole, l'incendie est d'origine inconnue pour l'instant et la police poursuit son enquête.

Joseph Magnet, professeur de droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa, a déjà oeuvré auprès de cette communauté ojibwée d'environ 2100 habitants. Ses activités lui auront permis de visiter toutes les maisons de Pikangikum, des maisons selon lui délabrées et «dramatiquement surpeuplées», souvent sans plomberie ni eau courante, et en violation du code du bâtiment en matière de prévention des incendies.

Le député Nault a indiqué que des discussions sont en cours avec les leaders de cette communauté «tissée serrée» pour le déploiement rapide d'une équipe de soutien psychologique sur place.

«Il s'agit d'une communauté qui a connu beaucoup de suicides (...) et de drames, alors elle vit des crises constantes depuis des années», a rappelé le député libéral de Kenora.

Alvin Fiddler, grand chef de la nation Nishnawbe-Aski, a indiqué qu'il avait parlé mercredi avec le chef de Pikangikum, Dean Owen, qui semblait selon lui épuisé. «Le choc est immense lorsque tant de gens meurent lors d'un seul événement tragique», a-t-il expliqué. Selon le grand chef Fiddler, tout reste à faire à Pikangikum en matière d'infrastructures comme le logement, l'accès à l'eau potable ou la lutte contre les incendies.

En visite à Edmonton, mercredi matin, le premier ministre Justin Trudeau a offert ses condoléances à la communauté et a indiqué que son gouvernement continuerait à oeuvrer avec la province et les leaders autochtones pour doter les réserves de meilleures infrastructures. Il a rappelé que le budget de la semaine dernière prévoyait une enveloppe de plus de 8 milliards $ pour les communautés autochtones.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, qui se rendait mercredi matin aux funérailles de l'ex-maire de Toronto Rob Ford, a aussi offert ses condoléances, sur Twitter.

Le député Nault a indiqué qu'il rencontrerait jeudi les ministres de la Santé fédéral et provincial afin de discuter de ce qu'il a qualifié de «crise du Nord» - «pas seulement cet incident, mais aussi, bien sûr, les problèmes de santé mentale, les soins de santé, les suicides».

«Pikangikum affiche le pire taux de suicide de tout l'Occident (...) au-dessus de 400 cas, je crois, depuis une vingtaine d'années», a estimé le député Nault, qui a été ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien de 1999 à 2003.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer