Femme retrouvée gelée à Val-David: une mort évitable, conclut la coroner

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Silvana Uribe Giraldo souffrait de sérieux problèmes de santé mentale.

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La mort d'une jeune femme psychotique retrouvée gelée à Val-David il y a un an était «évitable», a conclu une coroner, en soulignant que son conjoint avait préféré appeler une «thérapeute de l'âme» plutôt qu'un médecin pour la soigner.

Silvana Uribe-Giraldo, 24 ans, a quitté le domicile de son conjoint pour se diriger vers un boisé, le 6 décembre 2013. Son corps nu et gelé a été retrouvé le lendemain.

La victime souffrait de sérieux problèmes de santé mentale. Elle «était fragilisée, avait des idées noires et constituait certainement un danger pour elle-même», a écrit la coroner Julie Blondin dans son rapport publié cet automne. «Elle aurait dû être dirigée, avec assistance policière si nécessaire, vers un hôpital.»

Lorsque Silvana Uribe-Giraldo a quitté la maison de son conjoint, une thérapeute de Theta Healing s'y trouvait, appelée «afin d'aider [la jeune femme] au niveau de ses problèmes de santé mentale», écrit la coroner dans son rapport. Pendant la séance, la jeune femme avait «un comportement délirant tout en répétant à la thérapeute "guéris-moi !"».

Après cette rencontre «écourtée», la thérapeute a tourné son attention vers son conjoint qui désirait lui aussi participer à cette méthode de croissance personnelle. C'est à ce moment que Mme Uribe-Giraldo est sortie de la maison.

Malgré l'état mental instable de la jeune femme, son conjoint ne s'est pas inquiété de la situation parce qu'elle «avait l'habitude de se balader en forêt pendant plusieurs heures». Les policiers ont finalement retrouvé son corps en début de soirée le lendemain.

«Je crois que le choix de son âme était de terminer sa vie», a confié le conjoint aux policiers, toujours selon la coroner Blondin.

Le conjoint de la victime n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de La Presse.

Vie «alternative»

Il y a un an, La Presse avait rapporté les propos de la thérapeute en Theta Healing - Mélanie - qui se trouvait dans la résidence au moment du départ de Silvana Uribe-Giraldo.

Elle avait indiqué que le conjoint lui avait confié «que lui, jamais il n'irait à l'hôpital» avec sa jeune conjointe parce qu'il préférait les thérapies douces. Il «semblait vraiment vouloir la traiter plus avec la naturopathie, plus avec la médication naturelle».

Après la publication de l'article, elle avait rappelé La Presse pour modifier sa version des faits. Mélanie indiquait que le conjoint avait uniquement exprimé ses préférences personnelles et n'avait jamais affirmé qu'il n'irait pas à l'hôpital avec elle.

L'homme avait réagi peu après, assurant par communiqué que «bien [qu'il soit] fervent [adepte] des médecines alternatives, [il n'a] jamais hésité à consulter en médecine traditionnelle [lorsqu'il sentait] que c'était nécessaire».

«Il est faux de prétendre que je ne voulais pas amener Silvana consulter des professionnels de la santé.»

Le conjoint de Silvana Uribe-Giraldo, peu après les faits

L'homme est engagé dans divers groupes «alternatifs» à Val-David. Sur sa page Facebook, on peut lire : «Je fais partie d'une secte dont je suis le seul adepte et le guru en même temps.»

Mme Uribe-Giraldo n'était pas étrangère au monde «alternatif». À l'époque de son décès, sa page Facebook foisonnait d'images nouvel âge et de photographies de séances où plusieurs individus peignent sur leur corps dénudé des symboles mystérieux. Elle semble aussi avoir été passionnée par la cueillette de champignons divers.

Gelée et nue : phénomène «mal compris»

La dépouille de Mme Uribe-Giraldo a été retrouvée «sur le dos, nue et gelée». Selon le pathologiste qui s'est penché sur le dossier, la jeune femme aurait probablement été victime de «déshabillage paradoxal» peu avant sa mort. Ce phénomène «peut parfois être rencontré dans les cas d'hypothermie où les victimes, en réaction au froid et suivant des dérangements physiologiques encore mal compris, se mettent soudainement à ressentir une chaleur intense qui les pousse à se déshabiller», écrit la coroner Blondin dans son rapport.

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