L'ancien «numéro trois» des Nomads obtient une semi-liberté

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Daniel Renaud
La Presse

Sa quatrième présence devant la Commission des libérations conditionnelles aura finalement été la bonne pour André Chouinard.

Celui qui était considéré comme le financier et le numéro trois des Nomads, défunt groupe d'élite des Hells Angels, a réussi jeudi matin à convaincre les commissaires de l'envoyer en maison de transition, lui qui croupit derrière les barreaux depuis l'opération Printemps 2001. « Je désire redevenir un citoyen à part entière. J'ai travaillé fort depuis 15 ans et je pense que je mérite ma chance », a lancé Chouinard, en fin d'audience.

Après une courte délibération, les commissaires Jean-Claude Boyer et Richard Bélisle ont accepté sa demande, en soulignant que c'était d'abord pour six mois. « Vous ne vous êtes pas défilé. Des changements sont observables, mais vous avez encore du chemin à faire », a dit M. Boyer au détenu, qui a alors fondu en larmes.

De 1995 à 2000, Chouinard était parmi les six membres des Nomads, surnommés « la Table des six », qui prenaient les décisions pour le groupe. Il avait un contact dans un pays producteur de cocaïne, ce qui permettait aux Hells Angels d'importer et de distribuer cette drogue au Québec, et de payer les dépenses liées à la guerre contre les Rock Machine qui a fait 165 morts et 185 blessés entre 1994 et 2002. Mais en 2000, Chouinard en a eu assez et a quitté le groupe en bons termes.

« Il y avait des attentats, à gauche, à droite. Un enfant, un journaliste. Ça n'avait plus de bon sens. Ma conscience sociale, je l'ai perdue en 1995, mais je l'ai retrouvée en 2000 », a-t-il déclaré aux commissaires.

« JE VEUX UNE VIE SIMPLE »

Chouinard devra éviter les débits de boisson, divulguer toutes ses transactions financières et s'abstenir de fréquenter toute personne qui a un dossier criminel ou qu'il sait ou soupçonne de faire partie d'une organisation criminelle. À ce sujet, l'ex-motard est déterminé à ne plus avoir aucun contact avec les Hells Angels. Tellement qu'une fois libéré, il projette de déménager à l'extérieur du Québec.

« Pourquoi ne pas vous être inscrit dans un centre bouddhiste durant votre détention, comme certains de vos autres compagnons ? », lui a par ailleurs demandé le commissaire Boyer. « Parce qu'il y avait des Hells Angels », a répondu Chouinard, qui a également soulevé les contradictions du système carcéral, qui reproche aux condamnés membres d'une organisation de continuer à se fréquenter, mais qui ne fait rien pour l'empêcher, au contraire, en les emprisonnant tous ensemble.

Chouinard pourrait maintenant occuper un emploi dans le secteur du transport.

« Cela ne me fait pas peur d'avoir moins d'argent. Je ne veux plus courir après l'argent. Je n'ai pas de dettes, alors je peux très bien vivre. Je veux une vie simple », a-t-il dit.

Depuis un an, Chouinard avait droit à 72 h de sortie sans escorte par mois, pour voir sa famille. Il a fait plus de 300 sorties sans aucun problème.

André Chouinard a été condamné à 20 ans et 2 mois de pénitencier pour gangstérisme, complot de meurtre, trafic de stupéfiants et importation de cocaïne à la suite de l'opération Printemps 2001. Il obtiendra sa libération d'office l'an prochain et sa sentence prendra fin dans 8 ans.

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Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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