Enquête sur des combats de chiens à Laval

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La police de Laval enquête sur de possibles combats de chiens organisés dans la région après la découverte de cinq pitbulls dans un état lamentable. Si cette pratique est peu répandue au Québec, elle est belle et bien présente, prévient un expert américain.

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Le 21 janvier dernier, un Lavallois a découvert dans le quartier industriel de Chomedey cinq chiens de type pitbull, entassés dans une cage. Maigres et souffrant visiblement de malnutrition, ceux-ci présentaient des signes de morsures ainsi que des cicatrices au cou et à la tête. «Tout nous laisse croire que ces chiens ont été utilisés pour des combats», dit l'agent Franco Di Genova.

Trois des cinq bêtes ont dû être euthanasiées le jour même de leur découverte tandis que les deux autres ont elles aussi dû l'être quelques jours plus tard, leurs blessures étant trop importantes.

L'enquête n'ayant pas permis pour le moment de découvrir où les combats ont eu lieu, la police de Laval a décidé de lancer hier un appel à la population pour retrouver cet emplacement. Les propriétaires de bâtiments commerciaux sont ainsi invités à vérifier l'utilisation de leurs propriétés afin de déterminer s'ils peuvent avoir servi à organiser ces combats illégaux. Le quartier industriel Chomedey étant situé le long d'une autoroute, les policiers n'excluent pas que les combats se soient déroulés à l'extérieur de l'île Jésus, comme à Montréal.

«Je ne serais pas surpris que ce soient bien des combats de chiens», a indiqué un spécialiste américain après avoir vu les photos des bêtes retrouvées à Laval. Directeur des politiques sur la cruauté animale à la Humane Society, John Goodwin évalue que ces pitbulls avaient le profil des bêtes fréquemment utilisées pour les combats.

Contrairement à la croyance populaire, ce sont souvent de petits chiens qui mènent des combats puisqu'ils ont plus d'endurance que les gros et résistent mieux lors des affrontements, qui peuvent durer une heure.

Illégaux, les combats de chiens se déroulent toujours dans des endroits clandestins, à l'abri des regards indiscrets. Les éleveurs se contactent au moyen de sites connus dans leur milieu, comme sur des pages Facebook, et jumellent leurs bêtes pour des affrontements.

Les combats de chiens se finissent souvent par la mort de l'un des deux animaux. S'il ne meurt pas immédiatement, le perdant succombe dans les jours suivants ou est mis à mort par son propriétaire, explique John Goodwin. Même le gagnant peut mourir de ses blessures. Chose certaine, les chiens survivent rarement à plus de cinq combats, selon l'Américain.

Si les combats de chiens sont peu répandus au Canada, des Québécois y participent, dit John Goodwin. Certains se sont même fait un nom aux États-Unis en raison de la combativité des bêtes qu'ils élèvent.

Surprise à la SPCA

Reste que la nouvelle a pris de court la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). «On est assez surpris. On a l'habitude au Québec d'avoir des problèmes avec les usines à chiots et les chiens de traîneau, mais des combats de chiens ce n'est pas quelque chose qu'on voit souvent», a réagi l'avocate de l'organisation, Me Sophie Gaillard.

La possibilité que des combats de chiens aient été organisés dans la région est néanmoins prise au sérieux. «N'importe quel animal maltraité, ça nous inquiète beaucoup. Alors la possibilité qu'il y ait des combats de chiens dans la région, on trouve ça inquiétant», poursuit Me Gaillard.

Même si les cas sont rares, la SPCA réclame une modernisation de l'article du Code criminel interdisant les combats de chiens et prévoyant une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison, celui-ci datant de 1892. «La formulation est assez archaïque. Ça permet d'intervenir seulement si on prend quelqu'un sur le fait, à assister un combat de chiens ou à l'organiser», dit l'avocate de la SPCA.

Rares au Canada, les combats de chiens sont plus répandus aux États-Unis où des cas surgissent pratiquement chaque semaine. La semaine dernière, des policiers new-yorkais ont secouru 11 pitbulls découverts dans un sous-sol du quartier Harlem où ils étaient entraînés pour mener des combats. Il y a deux semaines, un homme de Chicago a été arrêté après la découverte dans sa maison de 10 pitbulls destinés eux aussi aux combats. En 2013, la Humane Society a démantelé un réseau qui était en activité dans plusieurs États du Sud. Pas moins de 367 chiens ont alors été découverts lors de l'opération.

Le cas le plus célèbre reste toutefois celui de l'ex-quart-arrière des Falcons d'Atlanta, Michael Vick. Il avait été accusé en 2007 d'avoir dirigé un réseau qui organisait des combats de chiens. Après avoir plaidé coupable, il a passé 19 mois derrière les barreaux.

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