Forcé de vendre de la cocaïne pour sauver son frère

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Antonio Terriaca

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Daniel Renaud
Le Soleil

Un ancien gérant de café italien lié à la mafia dit avoir été contraint de vendre de la cocaïne pour éviter que son frère ne soit battu.

Cette histoire digne d'un film policier a été racontée lundi par Antonio Terriaca, arrêté pour trafic de cocaïne par les enquêteurs de la police de Montréal en octobre 2012.

Terriaca, 38 ans, qui dirigeait à la fois un café et un bureau de change, a plaidé coupable à la fin du mois d'avril à des accusations de complot, de trafic de stupéfiants et de recyclage des produits de la criminalité, et a été condamné à trois ans de pénitencier par la juge Nathalie Fafard, de la Cour du Québec.

Terriaca a raconté que ses problèmes ont commencé lorsque son frère, qui était gérant de l'ancien bar Ritz, situé sur le boulevard rue Lacordaire, dans l'arrondissement de Saint-Léonard, a été victime d'un grave accident de moto et a été incapable de rembourser une dette de 40 000$.

«En 2007-2008, j'ai alors rencontré quelqu'un dans un immeuble de condos de la rue Bélanger à Saint-Léonard. Maintenant qu'il est mort, je peux donner son nom. C'est M. Giuseppe De Vito. Il m'a dit que j'étais maintenant responsable de la dette et que je devais rembourser le montant qui était de 52 000$, avec les intérêts, sans quoi mon frère serait battu», a expliqué Terriaca.

Giuseppe De Vito, alias Ponytail, est un chef de clan qui a pris part à la tentative de putsch contre les Siciliens à la tête de la mafia en 2009-2010. Recherché dans Colisée, il était en cavale lorsque Terriaca l'a rencontré. De Vito a été assassiné au pénitencier de Donnacona à l'été 2013.

Antonio Terriaca affirme avoir alors accepté le poste de gérant au bar Ritz. Mais un événement est venu compliquer les choses en juillet 2008. Un membre des Rouges, Philistin Paul, a été la cible de tirs dans le bar et a été sauvé en se projetant au travers de la vitrine de l'établissement.

«C'était une fusillade entre mafia et gang de rue. Le Ritz a dû fermer et on m'a demandé d'ouvrir un autre bar, sans quoi je me retrouverais avec la dette du Ritz, évaluée à un demi-million de dollars», a poursuivi Terriaca.

Il a alors ouvert le café Couture, dans la rue du même nom. Il a alors embauché une serveuse qui était en réalité un agent double du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Durant l'enquête qui a duré quatre mois, les policiers ont été témoins de près de 1000 transactions de stupéfiants.

Parallèlement, Terriaca avait également ouvert un bureau de change dans la rue Fleury, qui a également été infiltré par un agent double. Au total, les policiers ont encadré 11 transactions d'une valeur de 250 000$.

Terriaca dit avoir mis trois ans à rembourser la dette et avoir tenté de s'extirper du milieu. Il a une cause en suspens d'incendie criminel à Laval. Une fois libéré, il veut vendre des voitures usagées dans un commerce connu.

Selon nos informations, Terriaca a été observé à plusieurs reprises dans la seconde partie de l'enquête Argot, menée par les enquêteurs de la Division du crime organisé du SPVM contre le clan De Vito.

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