Plainte pour vol à l'étalage contre la bâtonnière: des jeans payés 23 fois moins cher

Le 17 avril 2014, Me Lu Chan Khuong a... (Photo Yan Doublet, archives Le Soleil)

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Le 17 avril 2014, Me Lu Chan Khuong a fait l'objet d'une plainte à la police pour vol à l'étalage de la part du magasin Simons du Carrefour Laval. Elle est devenue bâtonnière du Québec plus d'un an plus tard.

Photo Yan Doublet, archives Le Soleil

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Quelques secondes avant de se faire intercepter pour vol à l'étalage, au printemps 2014, Lu Chan Khuong a quitté le Simons de Laval en omettant de payer deux jeans d'environ 230$ pièce, payant plutôt une seconde fois deux jeans qui lui avaient coûté 9,99$ chacun, a appris La Presse.

L'avocate «ne regarde pas les prix» quand elle fait ses emplettes ou passe à la caisse et a été victime d'une distraction, explique-t-elle dans une déclaration sous serment qu'elle a rédigée un mois après les faits et dont nous avons obtenu copie.

>>> Consultez le document principal de la déclaration assermentée de Me Khuong

Dans ce document, destiné à la Couronne ou à la police, Me Khuong fait état de ses liens d'amitié avec Peter Simons, propriétaire de la chaîne de magasins du même nom.

«Si je devais voler intentionnellement, je n'aurais pas volé l'entreprise de mes amis. Il s'agit tout simplement d'une distraction», plaide-t-elle. «Je connais bien Peter Simons. [...] Je vais souper chez eux et eux viennent souper chez nous.»

«Je ne regarde pas les prix lorsque je magasine et achète sans budget préétabli. J'aime, je prends. Lorsque je regarde une étiquette, c'est pour la taille, jamais le prix», ajoute l'avocate dans le document.

Le 17 avril 2014, celle qui allait devenir bâtonnière 15 mois plus tard a fait l'objet d'une plainte à la police pour vol à l'étalage de la part du magasin Simons du Carrefour Laval.

Plusieurs semaines plus tard, Me Khuong a reçu un avis de déjudiciarisation de la Couronne déclarant que les procureurs détenaient assez de preuves pour déposer des accusations et qu'ils étaient moralement convaincus qu'une infraction avait été commise, mais que la gravité de l'infraction reprochée ne justifiait pas la tenue d'un procès en vertu du programme de non-judiciarisation des infractions criminelles. Elle a accepté l'offre.

«Je suis ainsi, je paie le prix que m'annoncent les vendeuses»

Au coeur de la déclaration sous serment de Lu Chan Khuong se trouvent ses explications concernant la confusion entre les pantalons bon marché et les pantalons griffés.

Ce jour-là, elle visitait Montréal et avait apporté de Québec trois pantalons bon marché destinés à elle et sa soeur, achetés dans une autre succursale de Simons quelques jours plus tôt.

En essayant d'autres vêtements - dont les deux jeans griffés au centre du dossier - dans une cabine d'essayage, Me Kuong s'est rendu compte qu'elle avait «oublié de mettre de côté celui qui [lui] était destiné» parmi les trois pantalons apportés de Québec.

«C'était lequel des trois? Je dois les réessayer, car je ne m'en souvenais plus. Je devais les réessayer, car les tailles sont inhabituelles désignées [sic]», ajoute-t-elle, toujours dans sa déclaration sous serment. Elle affirme avoir ensuite été dérangée par un appel téléphonique sur son cellulaire, puis avoir remis «ce qu'[elle] croyait être [s]es jeans dans [s]on sac fleuri».

À la caisse, «je donne l'argent à la préposée sans me questionner quant au montant des achats», écrit Lu Chan Khuong. «Je suis ainsi, je paie le prix que m'annoncent les vendeuses.» Elle quitte le magasin, omettant de payer des pantalons 23 fois plus chers que ceux qu'elle a payés une seconde fois, après les avoir acquis quelques jours plus tôt à Québec.

C'est juste après son départ du magasin que Me Khuong est interceptée par les agents de sécurité.

«Il [l'agent] me dit qu'ils m'observent depuis mon arrivée dans le magasin, qu'il croit que j'ai pris des morceaux sans payer. [...] Je venais de réaliser l'erreur que j'ai faite. Tout ça pour une erreur d'inattention...», se désole l'avocate. Les policiers arrivent ensuite.

La Presse a tenté de joindre Me Khuong, notamment sur son cellulaire, ainsi que son avocat Jean-François Bertrand à plusieurs reprises, mais sans succès. Sa relationniste, Paméla Champagne-Côté, ne nous a pas rappelés.

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