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UPAC: un enquêteur congédié pour avoir encouragé un dénonciateur à parler aux médias

La controverse des derniers mois au sein du ministère des Transports vient de... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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La controverse des derniers mois au sein du ministère des Transports vient de faire une victime collatérale à l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Un enquêteur a été congédié la semaine dernière parce qu'il aurait notamment encouragé un dénonciateur à s'adresser aux médias, a appris La Presse.

Le Syndicat de professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) s'indigne de ce congédiement. « C'est extrêmement inquiétant qu'une organisation comme l'UPAC, qui s'est présentée devant la commission Charbonneau pour réclamer qu'un régime de protection des lanceurs d'alerte soit mis en place, agisse ainsi. Les bras m'en tombent », lance son président, Richard Perron, joint par La Presse.

L'enquêteur Richard Despaties est un retraité de la Sûreté du Québec qui avait été embauché à l'UPAC à titre d'analyste-enquêteur. Il avait été affecté aux dossiers de représailles en plus de recueillir les dénonciations. L'UPAC confirme le congédiement.

Avant d'être à l'UPAC, il a participé entre autres à l'escouade Carcajou pour contrer la guerre des motards. En 2002, il a reçu la médaille de la police pour services distingués remise par le gouverneur général du Canada afin de souligner de « longs états de service louable, particulièrement dans des activités pouvant comporter des risques ».

SIX MOTIFS POUR METTRE FIN À L'EMPLOI

Selon les informations obtenues par La Presse de sources différentes, la lettre de renvoi signée par le commissaire Robert Lafrenière présente six motifs pour mettre fin à l'emploi. Le grand patron de l'UPAC reproche à M. Despaties d'avoir « conseillé à une personne ayant fait un signalement de faire, entre autres, une sortie médiatique concernant de présumées irrégularités qu'elle aurait constatées dans la gestion d'un ministère ». Les faits reprochés se seraient produits en avril et mai 2016.

Cette période correspond à la publication de l'entrevue accordée par l'ancien ministre responsable des Transports, Robert Poëti, à L'actualité. M. Poëti exprimait alors publiquement ses inquiétudes, notamment par rapport aux pratiques contractuelles du ministère que La Presse avait mis au jour cinq mois auparavant en s'appuyant sur un rapport de vérification interne.

Une tourmente politique a suivi, entraînant le départ de la sous-ministre des Transports après son passage en commission parlementaire. Des enquêtes de l'UPAC ont été déclenchées, notamment sur la falsification présumée de documents au sein du ministère. La personne qui a multiplié les dénonciations est Annie Trudel, une consultante embauchée par M. Poëti.

L'UPAC refuse de commenter le dossier, qui pourrait se retrouver en appel devant le Tribunal administratif du travail. De fait, le SPGQ promet de défendre « bec et ongles » M. Despaties, qui est l'un de ses membres. Les détails du dossier pourraient donc être étalés publiquement.

Outre le dossier des Transports, Richard Despaties a été congédié en lien avec un dossier concernant Revenu Québec. L'UPAC reproche aussi à l'enquêteur d'avoir « omis de remettre des documents pouvant servir de preuve » dans un dossier, d'avoir acheminé des courriels de son compte professionnel à son compte personnel, d'avoir été en possession de renseignements criminels provenant d'un dossier et d'avoir eu des « contacts réguliers » avec une personne faisant l'objet d'une enquête malgré les mises en garde qui lui avaient été formulées.

La Presse a tenté en vain de le joindre.

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