Armes dans les écoles: la police devra revoir ses statistiques

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À la demande du sous-ministre, «le Ministère a envoyé un rappel de la consigne à tous les directeurs de police sur l'importance d'alimenter la base de données avec toute la rigueur du monde».

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Les policiers québécois ont trouvé une demi-douzaine d'armes automatiques de style mitraillette dans les écoles primaires et secondaires entre 2006 et 2013. La saisie de ces armes véritables, pouvant tirer des balles de façon continue, n'avait jamais été médiatisée jusqu'ici, ayant été effectuée à temps avant que des tragédies ne surviennent.

Le cabinet de la ministre de la Sécurité publique a transmis cette information à La Presse dans la foulée de notre reportage publié au début de la semaine. On y révélait la présence de milliers d'armes dans les écoles depuis 8 ans, mais aussi l'existence de nombreuses erreurs quant au nombre d'armes à feu rapporté par la police.

Des données obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information faisaient état de 34 affaires de mitraillettes à l'école, alors qu'il n'y en avait finalement que 5 ou 6 (au moment de mettre sous presse, un cas survenu dans la capitale restait incertain). Corriger leurs données a exigé «un effort colossal» de la part des services de police concernés, affirme Jean-Philippe Guay, attaché de presse de la ministre Lise Thériault. Mais «l'article démontrait qu'il y a eu des lacunes dans la qualité des données envoyées au Ministère», dit-il.

À la demande du sous-ministre, «le Ministère a envoyé un rappel de la consigne à tous les directeurs de police sur l'importance d'alimenter la base de données avec toute la rigueur du monde».

«Dorénavant, on va faire plus attention à la qualité et à la fiabilité des données transmises. On leur a demandé de mettre en place des mécanismes de prévention, de détection et de correction des erreurs.»

Un flou demeure

Hier, Québec n'a pu préciser dans quelles villes ni dans quelles circonstances des armes automatiques ont été trouvées dans un établissement scolaire. Selon les données initialement obtenues par La Presse, c'est le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui rapportait qu'il en avait trouvé le plus.

«Chaque fois qu'une arme à feu est trouvée dans une école, c'en est une de trop, affirme l'attaché de presse de la ministre. Mais heureusement, on ne déplore pas d'incident malheureux dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Peut-être parce que ce n'est pas dans notre culture ou parce qu'on a un règlement plus sévère au sujet des armes.»

En 2012, les conservateurs ont décidé d'abolir l'obligation d'enregistrer les armes à feu non restreintes et d'effacer les données recueillies depuis le début du programme. Québec s'est toutefois battu jusqu'en Cour suprême pour récupérer les données, rappelle M. Guay. Une décision devrait être rendue en début de 2015.

En attendant, la police et les commissions scolaires font beaucoup de prévention, assure-t-il. Et une nouvelle loi pourrait bientôt les forcer à conclure des ententes pour lutter contre la violence à l'école.

L'importance des statistiques

Le programme de déclaration uniforme de la criminalité alimenté par la police sert à «mesurer la fréquence et les caractéristiques des crimes dans la société», précise le site de Statistique Canada. Il sert aussi aux chercheurs et aux «gestionnaires de politiques fédéraux et provinciaux», qui décident des mesures à prendre.

«Lorsqu'on produit des statistiques, elles doivent être fiables, peu importe l'utilisation qu'on veut en faire. Sinon, mieux vaut ne pas en avoir du tout», affirme la professeure de sociologie Claire Durand, experte en méthodologie statistique à l'Université de Montréal.

«Un rappel aux directeurs de police, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant, estime la sociologue. Il faut comprendre pourquoi l'entrée de données donne lieu à autant d'erreurs. Les policiers n'ont sans doute pas les bons outils, leurs rapports ne sont peut-être pas structurés pour faciliter l'entrée de données.»

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