L'UPAC s'intéresse à l'Université de Montréal

L'Unité permanente anticorruption a rendu visite à l'Université... (Photo Édouard-Plante Fréchette, La Presse)

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L'Unité permanente anticorruption a rendu visite à l'Université de Montréal pour en savoir plus sur la vente du couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et de-Marie (sur la photo). Le Groupe Catania souhaite transformer l'édifice en condos de luxe.

Photo Édouard-Plante Fréchette, La Presse

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Après les municipalités et les hôpitaux, voilà que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) se tourne vers le milieu universitaire. La Presse a appris que des analystes-enquêteurs de l'organisme se penchent sur les tractations entre l'Université de Montréal et la firme Catania, dont les liens avec la mafia ont été exposés à la commission Charbonneau.

Ces tractations concernent la vente controversée par l'Université de l'ancien couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et de-Marie. Le Groupe Catania souhaite aménager des condos de luxe dans l'édifice patrimonial situé au 1420, boulevard Mont-Royal, à Outremont.

La transaction est présentement bloquée par des recours judiciaires. Si elle va de l'avant, elle marquera la fin d'une saga dans laquelle l'Université aura perdu des millions.

L'établissement a confirmé à La Presse jeudi qu'un représentant de l'UPAC s'est présenté sur le campus le 30 octobre. Il a posé des questions au secrétaire général de l'Université, Alexandre Chabot, au sujet du processus de vente de l'ancien couvent. Il a aussi demandé copie de l'acte de vente du bâtiment.

«Nous le lui avons remis. Dans ce dossier-là, nous n'avons rien à cacher, donc nous avons remis le dossier», explique Mathieu Fillion, porte-parole de l'Université. M. Fillion a toutefois refusé de fournir une copie du document à La Presse.

Questions sans réponse

Un regroupement de citoyens et de professeurs inquiets du projet, le Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420, avait lui aussi tenté d'obtenir copie du document en vertu de la Loi d'accès à l'information. On leur a transmis un document massivement censuré, où même le prix de vente était gardé secret.

«L'Université a parlé d'un prix de vente de 28 millions, l'administration municipale a parlé de 21 millions... là on ne peut même pas voir la structure du contrat. On ne voit pas non plus s'il y a une pénalité pour l'Université en cas d'annulation», déplore l'ancien député Daniel Turp, porte-parole du regroupement, qui conteste déjà la transaction devant les tribunaux.

L'UPAC a refusé de commenter le dossier jeudi. Selon nos sources, l'organisme n'a pas encore ouvert d'enquête formelle sur cette affaire et aucune perquisition n'est à l'ordre du jour pour le moment. Les enquêteurs-analystes du bureau du Commissaire à la lutte à la corruption sont d'abord responsables d'étudier la question et de déterminer s'il y a matière à ce que le bras armé de l'UPAC, l'escouade Marteau, se saisisse du dossier.

Catania et la mafia

L'ancien couvent avait été vendu à l'Université par les religieuses en 2003. Après y avoir investi une fortune en rénovations dans le but d'aménager des salles d'enseignement, l'établissement a revendu l'immeuble à Catania en 2008.

Selon les calculs du quotidien Le Devoir, l'Université aurait perdu plus de 10 millions dans l'opération. Le journal a cité des sources, samedi dernier, selon lesquelles le dossier a été marqué par des tractations politiques.

Les entreprises du Groupe Catania ont été sous les feux de la rampe au cours des dernières semaines en raison des audiences de la commission Charbonneau. Une photo déposée en preuve à la Commission montre des dirigeants de l'entreprise qui posent fièrement à leur siège social aux côtés du patriarche de la mafia, Nick Rizzuto. Un témoin, Elio Pagliarulo, a déclaré que le fondateur de la firme, Frank Catania, et le nouveau dirigeant, son fils Paolo, lui avaient avoué qu'ils appartenaient au clan du parrain Vito Rizzuto. M. Pagliarulo a raconté avoir monté une entreprise de prêt usuraire avec Paolo Catania. Il a aussi parlé de pots-de-vin versés dans le but de mettre la main sur des projets.

Une société du groupe, Construction Frank Catania, et quatre de ses dirigeants, dont le président Paolo Catania, sont par ailleurs accusés de fraude dans le scandale immobilier du Faubourg Contrecoeur.

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