Israël : empoignade entre fils de premiers ministres pour une crotte de chien

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou montre Kaya... (FLICKR)

Agrandir

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou montre Kaya au secrétaire d'État américain à l'époque, John Kerry, en novembre 2015.

FLICKR

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Luc RENAUDIE
Agence France-Presse
Jérusalem

Une banale querelle autour de déjections canines a dégénéré en un torrent de boue déversé sur les réseaux sociaux entre fils de premiers ministres israéliens.

La guerre des «fils de», qui fait les délices des médias, a commencé avec une crotte que la chienne des Nétanyahou, Kaya, un croisé d'une dizaine d'années à l'épaisse fourrure blanche, est soupçonnée d'avoir déposée récemment dans un parc de Jérusalem.

Une voisine a rapporté sur Facebook avoir apostrophé l'aîné des deux fils du premier ministre, qui promenait alors Kaya, et lui avoir demandé de ramasser. Yaïr Nétanyahou, 25 ans, aurait répondu par un doigt d'honneur.

La question de savoir si c'est bien Kaya qui s'est soulagée dans le parc n'est pas tranchée.

L'histoire aurait pu en rester là si Molad, une organisation défavorable au premier ministre de droite, n'y avait fait écho et accompagné sa réaction d'un pamphlet sur internet intitulé «Cinq choses que vous ignoriez sur l'héritier de la couronne, Yaïr Nétanyahou», qui dénonce entre autres le coût pour le contribuable de sa protection personnelle et de sa voiture avec chauffeur.

Répondant dans un brûlot sur Facebook, Yaïr Nétanyahou a rejeté les «mensonges et les calomnies». Il attaque Molad comme une organisation financée de l'étranger selon lui et oeuvrant à la «destruction» d'Israël. Molad se présente comme une organisation indépendante travaillant au renouvellement de la démocratie.

Yaïr Nétanyahou demande pourquoi les fils des ex-chefs de gouvernement Shimon Peres, Ariel Sharon et Ehud Olmert n'ont pas droit, selon lui, au même traitement de la part de certaines organisations qu'il accuse de parti pris systématique contre sa famille.

Omri Sharon par exemple a passé quatre mois en prison en 2008 pour financement illicite des campagnes électorales de son père, aujourd'hui disparu.

Yaïr Nétanyahou évoque aussi les «intéressantes relations» de l'un des fils de M. Olmert «avec un homme palestinien», semblant insinuer qu'il était homosexuel et sous-entendant qu'il avait mis en danger «la sécurité du pays» en fréquentant un Palestinien.

Yaïr Nétanyahou conclut sa réponse par un emoji figurant un doigt d'honneur et un autre un tas d'excréments souriant.

Benyamin Nétanyahou et son fils Yaïr visitent le... (AFP) - image 2.0

Agrandir

Benyamin Nétanyahou et son fils Yaïr visitent le Mur des Lamentations en 2015.

AFP

«Loi Kaya» 

Ariel Olmert lui a répondu directement sur Facebook: «Salut Yaïr Nétanyahou, je suis le fils secret d'Olmert, le fils homo, celui qui vit avec un Palestinien». En fait, cette histoire est «totalement mensongère. J'aime les femmes, je vis avec l'une d'entre elles et nous avons une fille».

«Le gros problème, ce sont le racisme et les relents homophobes», dit-il. «Contrairement à toi (...) je travaille pour vivre. Et, par principe, j'essaie de ramasser les crottes de mon chien», persifle-t-il.

Les détracteurs des Nétanyahou attaquent Yaïr comme un jeune homme vivant à la résidence du premier ministre sans affectation officielle. Ils accusent ses parents d'exercice hégémonique du pouvoir et de préparer Yaïr à prendre la relève.

Yaïr Nétanyahou avait été présenté au président américain Donald Trump et à son épouse lors de leur visite en mai. Il avait été entendu leur confiant qu'il savait ce que vivait Barron, le fils du couple présidentiel, pour être aussi passé par là au même âge (11 ans).

La chienne Kaya, adoptée dans un refuge par les Nétanyahou, avait déjà fait parler d'elle en 2015 en mordant deux invités lors d'une réception. Les Nétanyahou avaient été alors contraints de la placer temporairement en quarantaine.

Mais le Parlement a approuvé mercredi, avant un vote définitif, la première mouture d'un texte surnommé «la loi Kaya» par laquelle un chien qui mordrait n'aurait plus à être placé en chenil, mais pourrait être assigné à résidence, a rapporté la presse.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer