Une histoire de sexe vieille de 385 millions d'années

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Agence France-Presse
PARIS

Une histoire de sexe qui ne date pas d'hier... Bras dessus, bras dessous, des poissons cuirassés, considérés par certains scientifiques comme de lointains ancêtres de l'homme, copulaient déjà il y a 385 millions d'années.

Au lieu de disperser leur sperme dans l'eau, les mâles de l'espèce «Microbrachius dicki», dotée de petits bras et désormais éteinte, s'accouplaient solidement avec les femelles, selon une étude publiée dimanche dans la revue britannique Nature.

À ce jour, cela en fait l'espèce la plus ancienne à avoir utilisé la fertilisation interne - plus efficace - pour se reproduire, selon les chercheurs.

Les fossiles étudiés appartiennent à l'ordre des Antiarchi, soit les plus anciens de la classe des placodermes, poissons au corps recouvert de plaques. Ces drôles de créatures dotées d'une mâchoire sont considérées par ces chercheurs comme les premiers vertébrés ancêtres des humains.

Les placodermes ont peuplé les mers, les rivières et les lacs pendant quelque 70 millions d'années avant de disparaître il y a environ 360 millions d'années de façon mystérieuse.

Dans l'espèce «Microbrachius dicki», qui mesure 8 centimètres de long, le mâle était doté d'un appendice osseux (ptérygopode) en forme de L qui lui permettait de transférer son sperme à l'intérieur de la femelle. Celle-ci était pourvue d'une paire de petites plaques permettant de maintenir l'organe mâle en place pendant l'accouplement.

En outre, le couple de Microbrachius se tenait par les «bras» pendant la copulation, selon les chercheurs.

«Microbrachius signifie 'petits bras' mais pendant des siècles, les scientifiques se sont demandé à quoi pouvait bien leur servir cette paire de bras osseux», déclare John Long, professeur de paléontologie à l'université australienne Flinders.

«Nous avons résolu ce mystère: ils servent à l'accouplement et permettent au mâle de positionner son appendice dans la région génitale de la femelle», assure-t-il.

«Le couple de poissons s'accouplait probablement de côté. Avec leurs bras joints, ils avaient plutôt l'air d'esquisser un pas de 'Square danse' plutôt que de copuler», ajoute-t-il.

Fossile connu depuis longtemps, le Microbrachius vivait notamment dans des lacs en Écosse, mais aussi en Estonie et en Chine.

Cette étude permet de placer l'origine de la fertilisation interne au début de l'évolution des vertébrés. Jusqu'à présent, on pensait qu'elle était arrivée plus tard.

Si les conclusions des chercheurs sont exactes, l'appendice sexuel du Microbrachius serait d'une certaine façon l'ancêtre du pénis.

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