Laval s'anglicise plus qu'ailleurs

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L'anglicisation de Laval s'explique par l'attrait que cette ville suscite auprès des nouveaux arrivants. En fait, près de 40% des anglophones lavallois sont immigrés, selon une étude.

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Oubliez l'image d'un Laval presque exclusivement francophone: la troisième ville du Québec s'anglicise. L'île Jésus serait même l'endroit dans la province où la population anglophone croît le plus rapidement, conclut une récente étude.

Selon les dernières données disponibles, le nombre d'anglophones a bondi de 35% en 10 ans à Laval. Il s'agit d'une progression trois fois plus rapide que celle de la population totale de la ville, qui a grimpé d'un peu plus de 11% entre 1996 et 2006.

Près d'un Lavallois sur cinq (18,8%) était anglophone en 2006, révèle le portrait produit par l'Agence de la santé et des services sociaux de Laval. En 1996, ce taux était de 15,3%. Dans cette période, le nombre de Lavallois à privilégier la langue de Shakespeare a ainsi grimpé de 50 715 à 68 460 personnes.

L'Agence s'est fondée sur les chiffres des deux derniers recensements. L'analyse suggère que la progression du nombre d'anglophones à Laval est une tendance qui s'accentue. Au cours des 10 ans que couvre l'étude, la plus forte croissance a été constatée dans les dernières années.

Nouveaux arrivants

Cette réalité s'explique notamment par l'attrait de Laval auprès des nouveaux arrivants. Près de 40% des anglophones lavallois sont immigrés, selon le document d'une dizaine de pages. La majorité d'entre eux n'a ni l'anglais ni le français comme langue maternelle.

«On sait que, depuis quelques années, les immigrés, qui avaient autrefois tendance à rester dans l'île, vont de plus en plus en banlieue, explique Jacques Ledent, de l'INRS urbanisation. Bien sûr, Laval est une destination pour ces gens-là.»

À la Ville de Laval, c'est aussi la piste de l'immigration qui est privilégiée pour expliquer le phénomène. «L'anglicisation s'explique surtout par l'augmentation du multiculturalisme sur le territoire lavallois», indique un porte-parole de Laval, Benoit Collette.

Le portrait que brosse l'Agence de la santé rejoint d'autres données accumulées au fil des ans. Ces changements linguistiques semblent aussi toucher les enfants: les écoles anglophones du Québec ont subi une perte de clientèle de 4,8% entre 2003 et 2009. Pendant ce temps, le nombre d'élèves anglophones a grimpé de 10% à Laval.

Cette vitalité de la communauté anglophone à Laval ne surprend pas Linda Leith, présidente du Quebec Community Groups Network. «On sait que beaucoup de Montréalais quittent la ville pour la banlieue. Parmi eux, c'est certain qu'il y a des francophones et des allophones, mais aussi des anglophones», note Mme Leith, dont l'organisme rassemble 36 groupes communautaires anglophones. Selon elle, Laval se «montréalise», en quelque sorte.

La «refrancisation» de Laval

Cette anglicisation de Laval ne plaît pas à tous. Le Mouvement Laval français a été créé en novembre dernier dans le but de mettre un frein au phénomène. «Les chiffres sur l'anglicisation à Laval sont tout aussi inquiétants, sinon davantage, que pour l'île de Montréal», a expliqué son président, Michel Thisdale.

«Ce groupe se veut le prélude à la formation d'un mouvement politique lavallois pour le français. Invitez tous vos amis, qu'ils habitent Laval ou non, car le combat pour la refrancisation de Laval est celui de la lutte pour la défense du français partout au Québec», peut-on lire sur la page Facebook du Mouvement Laval français.

Avant de mettre sous presse, M. Thisdale n'a pas rappelé La Presse, hier.

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