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Arunachal Pradesh: le «Far East» indien

Pobdi, l'un des villages de la tribu Galo,... (Photo Rodolphe Lasnes, collaboration spéciale)

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Pobdi, l'un des villages de la tribu Galo, se compose d'une cinquantaine d'énormes maisons de bambou au toit de palme.

Photo Rodolphe Lasnes, collaboration spéciale

Rodolphe Lasnes

Collaboration spéciale

La Presse

(Tawang) Parmi les États du nord-est de l'Inde, péninsule un peu oubliée de cet immense pays, l'Arunachal Pradesh fait office d'ultime frontière orientale. Cet État bordé par la Chine, le Bhoutan et la Birmanie est un fascinant kaléidoscope de peuples ancestraux et de nature sauvage.

On sent tout de suite la différence quand on passe la frontière entre l'Assam et l'Arunachal Pradesh. Fini les routes rectilignes traversant les vastes plaines. Ici, les routes se font sinueuses pour s'attaquer aux contreforts de l'Himalaya, et deviennent instantanément moins confortables. Pour les parcourir, on s'entasse à 10 passagers, en plus du chauffeur et des enfants, dans des Sumo (le tout-terrain version Tata).

Et c'est parti pour de longues heures de trajet. Vitesse de croisière: 20 km/h. La faute aux «routes», défoncées, poussiéreuses, vertigineuses. Il faut s'assurer un bout de siège près d'une fenêtre pour profiter du paysage qui défile: jungle de palmiers et de bananiers où se balancent quelques singes, orchidées par milliers, profondes vallées, pics enneigés et villages traditionnels des nombreuses tribus (26 principales) qui peuplent l'Arunachal Pradesh.

D'Along à Ziro

Des noms qui ne sonnent pas très indien, ce qui résume bien l'impression générale: la sensation d'être ailleurs. Quelque part en Asie, mais plus en Inde. Le profil des gens de l'endroit est un heureux mélange des pays voisins, l'hindi laisse la place aux dialectes locaux, l'hindouisme est détrôné par la religion Donyi-Polo.

Along, comme la plupart des villes de l'État, n'a rien de mémorable: alignements de bâtisses décrépites donnant sur des rues sales. La bonne raison d'un passage à Along se trouve en dehors de la ville, de l'autre côté d'un long pont de canne surplombant la turquoise rivière Siang. Pobdi, l'un des villages de la tribu Galo, se compose d'une cinquantaine d'énormes maisons de bambou au toit de palme, surmontées d'une coupole télé et d'un drapeau orné d'un soleil rouge, symbole de la religion Donyi-Polo. Ce culte animiste vénère le Soleil et la Lune à coups de sacrifices d'animaux.

Dans la vallée de Ziro, on retrouve des... (Photo Rodolphe Lasnes, collaboration spéciale) - image 2.0

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Dans la vallée de Ziro, on retrouve des Apatanis, une tribu originaire de Mongolie surtout connue pour ses femmes au visage tatouée et au nez déformé par d'impressionnants piercings.

Photo Rodolphe Lasnes, collaboration spéciale

À une dizaine d'heures de Sumo à l'ouest, la vallée de Ziro est le territoire des Apatanis. Les villages, plus modestes, entourent de fertiles rizières qui ont la particularité de faire aussi office de bassins piscicoles lorsqu'elles sont inondées. Mais cette tribu originaire de Mongolie est surtout connue pour ses femmes au visage tatoué et au nez déformé par d'impressionnants piercings.

Elles étaient belles, ces femmes apatanis. Si belles qu'elles étaient trop souvent enlevées par les tribus ennemies. En les défigurant ainsi, les mâles résolurent le «problème». Aujourd'hui, cette coutume est interdite et seules les femmes les plus âgées portent encore ces «ornements».

Un soupçon de Tibet

D'interminables kilomètres plus à l'ouest, on trouve les splendeurs de l'Himalaya. Passé le col de Sela (4170 m d'altitude), la vallée de Tawang se déroule à perte de vue. Verte de pins, incroyablement encaissée, elle a des flancs sillonnés de routes où de minuscules véhicules semblent en équilibre précaire. Ici, le bouddhisme tibétain prévaut. Momos (raviolis cuits à la vapeur) et churpa (soupe au fromage fermenté) remplacent avantageusement la viande bouillie des Apatanis. La région a été administrée par le Tibet jusqu'en 1951 et c'est par ici que le dalaï-lama actuel s'est enfui pour trouver refuge en Inde.

La bourgade de Tawang est dominée par un monastère qui vaut à lui seul le long voyage. Deuxième après Lhassa parmi les plus imposants, il s'agit d'un véritable village abritant un millier de moines et de lamas, où l'on déambule dans les allées empierrées qui résonnent des voix des élèves récitant leurs mantras.

Repères

Formalités: en plus du visa indien, il faut obtenir un Protected Area Permit pour visiter l'Arunachal Pradesh. Il s'obtient aisément en prenant contact avec une agence de voyages locale. Cette formalité peut être entièrement remplie sur l'internet, mais comptez au moins cinq jours ouvrables et entre 80 et 100$ pour recevoir le document, qui est valable 30 jours à partir de la date de délivrance.

S'y rendre

L'aéroport le plus proche se situe à Guwahati (Assam). Il est connecté aux principales villes indiennes. Il faut ensuite faire quatre heures de bus ou de train vers Tezpur (Assam), petite ville d'où partent des Sumo desservant plusieurs destinations d'Arunachal Pradesh.




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