(Dubaï) Autocollants « Welcome » apposés sur les passeports et strictes mesures de sécurité en place, Dubaï a rouvert mardi ses portes aux visiteurs étrangers, mais l’émirat clinquant mise surtout sur le tourisme intérieur pour relancer un secteur clé après trois mois de fermeture.

Mohamad Ali Harissi
Agence France-Presse

« Nous sommes prêts à accueillir les touristes en prenant toutes les précautions nécessaires » face à la pandémie de COVID-19, a assuré sur Twitter Talal al-Chanqiti, de la Direction générale de la résidence et des affaires étrangères de Dubaï, deux jours avant la réouverture.

À l’aéroport, des combinaisons de protection ont été distribuées aux employés et des kits médicaux stockés dans des distributeurs automatiques.

Les touristes sont tenus d’apporter dans leurs bagages un test négatif datant de moins de quatre jours ou de se faire tester sur place, mais ils doivent alors s’isoler en attendant les résultats.

Pauvre en pétrole, Dubaï, l’un des sept émirats de la fédération des Émirats arabes unis, tire sa richesse d’une économie diversifiée, contrairement à ses voisins du Golfe. En 2019, l’émirat a accueilli quelque 16,7 millions de visiteurs.

Avec l’organisation de l’exposition universelle, en plus de ses plages luxueuses et autres balades en yacht, Dubaï espérait en attirer 20 millions cette année.

Mais la crise de la COVID-19 a brisé cet espoir, même à plusieurs mois du début de la saison touristique, en octobre, passée la météo suffocante de l’été. L’Expo 2020 a été reportée à 2021.

Au total, les Émirats ont officiellement enregistré 52 600 cas de contaminations, dont 326 décès. Les travailleurs pauvres étrangers, qui sont plusieurs millions aux Émirats, ont été particulièrement touchés.

Les expatriés, des ouvriers à bas salaires venus d’Asie aux jeunes cadres de la finance, représentent environ 90 % de la population.

« Approche progressive »

Dubaï est connue pour ses centres commerciaux, ses restaurants et ses hôtels cinq étoiles, tous durement frappés par la pandémie. Le PIB de l’émirat a lui baissé de 3,5 % au cours du premier trimestre 2020 par rapport à la même période l’année dernière.

Plus importante compagnie aérienne de la région, Emirates, basée à Dubaï, a été contrainte de réduire son réseau tentaculaire et a annoncé des suppressions d’emplois, sans en préciser le nombre.

Avant la réouverture aux étrangers, les autorités ont lancé des campagnes de promotion sur les réseaux sociaux tandis que les hôtels ont eux ciblé les résidents de l’émirat pour compenser la baisse de fréquentation.

« Cibler principalement le marché intérieur est une première étape importante dans notre approche progressive visant à rétablir la normalité », explique Issam Kazim, PDG de la Dubai Corporation for Tourism and Commerce Marketing.

Mettre l’accent sur le tourisme interne fait également partie de la stratégie d’Abou Dabi, émirat voisin qui a accueilli un nombre record de 11,35 millions de visiteurs internationaux en 2019.

Mais la capitale des Émirats, qui abrite notamment un circuit de Formule 1 et le Louvre Abu Dhabi, ne partage pas l’enthousiasme de Dubaï face aux étrangers.

« Nous ne nous attendons évidemment pas aux mêmes chiffres cette année. Cela prendra encore deux à trois ans », a déclaré Ali al-Chaiba, responsable au sein du Département de la culture et du tourisme.

Abu Dhabi a récemment fermé ses frontières aux habitants des émirats voisins. Seules les personnes testées négatives peuvent y entrer.

« Nous pensons que le tourisme intérieur est la clé à ce jour et nous ne nous voyons pas accueillir bientôt des voyageurs internationaux », a déclaré lundi M. Chaiba à l’AFP.