Natation Canada a publié vendredi son plan pour le retour à l’entraînement. Le document de 24 pages détaille les mesures et les contraintes auxquelles devront se soumettre les nageurs avant de replonger.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Pour la première étape, destinée aux meilleurs athlètes, chaque couloir d’un bassin de 25 mètres ne pourra être occupé par plus d’un nageur à la fois. Si tout va bien, ce nombre doublera après cet essai initial qui durera un minimum de trois semaines.

Distanciation = coûts additionnels

« Ce n’est pas la norme », a rappelé lundi le directeur général de Natation Canada, Ahmed El-Awadi. « La pratique habituelle, pour nous, c’est d’avoir une équipe complète dans la piscine en même temps. »

Cette occupation moindre « engendrera des coûts additionnels pour la location des installations », a ajouté M El-Awadi. « Il y aura également des dépenses supplémentaires pour nos experts médicaux et scientifiques qui passeront plus de temps sur place. »

Le directeur général évalue au double les frais de fonctionnement associés à cette première étape. Et il n’est pas dit que les organisations sportives ne devront pas faire marche arrière durant le processus de retour.

Cinq millions qui arrivent à point nommé

Dans ce contexte, l’annonce lundi d’un fonds d’aide de cinq millions pour soutenir la relance du sport de pointe au Canada est accueillie avec grand soulagement.

« Ces fonds sont super critiques pour repartir le programme de haute performance », a exprimé M. El-Awadi lors d’une téléconférence conjointe du Comité olympique canadien (COC), du Comité paralympique canadien (CPC) et d’À nous le podium (ANP), les trois organisations à l’origine de cette initiative.

En raison de la pandémie de COVID-19, tant le COC que le CPC ont réalloué des budgets pour financer ce programme piloté par le groupe de travail sur la reprise du sport, dirigé par ANP.

« Au même titre que la santé publique était notre priorité quand les athlètes ont décidé d’arrêter l’entraînement en mars, la santé publique demeurera notre priorité au moment où on entreprend notre retour au sport par étape », a prévenu le chef de la direction du COC, David Shoemaker.

Tests, achats, stérilisation

L’argent pourrait servir à tester les athlètes et leurs entraîneurs, mais aussi à acheter de l’équipement, le nettoyer et le stériliser, fournir de l’hébergement, a expliqué M. Shoemaker.

« Sur une perspective nationale, on ne devrait pas voir cela comme un investissement de cinq millions divisés entre un nombre de sports, a souligné le DG du COC. […] J’aimerais croire que certaines des recommandations auront un impact élargi sur le système. »

Des athlètes paralympiques qui ont des conditions spécifiques pourraient également bénéficier de ce financement accru pour reprendre l’entraînement.

« Si un athlète a besoin d’aide pour transférer de son fauteuil à son canoë-kayak ou à son fauteuil sportif, comment pouvons-nous nous assurer que les éléments de l’environnement sont sécuritaires et sains », a noté la directrice générale du CPC, Karen O’Neill. « On pourrait penser à des besoins d’hébergement supplémentaires pour ceux qui les soutiennent. »

Le groupe de travail pour la reprise du sport, piloté par Anne Merklinger d’ANP, décidera de l’allocation des fonds. Une première réunion doit avoir lieu mardi après-midi. Les fédérations nationales de sport seront chargées de mettre les mesures en application et d’identifier les athlètes qui en profiteront. De façon générale, les athlètes seniors et de la prochaine génération qui démontrent un potentiel de podium seront les principaux bénéficiaires.

Le retour au sport varie grandement. Par exemple, si on compare des sports extérieurs, dont certains ont déjà repris l’entraînement, à des sports intérieurs aquatiques qui peuvent requérir des protocoles avec des méthodes plus sophistiquées de nettoyage et de stérilisation. En ce moment, on ne donc spéculer sur les sports qui subiront des impacts financiers plus importants.

Anne Merklinger de À nous le podium,

Les cinq millions de cette mesure se distinguent du fonds d’urgence de 72 millions annoncé par le gouvernement fédéral le 8 mai. Celui-ci était surtout destiné à financer directement les fédérations, les instituts multisports et les clubs dont la trésorerie était mise à mal par l’arrêt brutal des activités à partir de la mi-mars.

Selon le COC et ANP, cette bouée de sauvetage a été reçue très positivement par le milieu, même si plusieurs points d’interrogation demeurent.

« Nous partons du principe que nos organisations nationales de sport sont de retour et fonctionnelles et peuvent faire ce qu’elles font bien », a indiqué David Shoemaker.