(Tokyo) Le directeur général des Jeux olympiques de Tokyo a promis plus de « transparence » aux contribuables japonais, jeudi, quant aux coûts associés au report de l’évènement à 2021.

Stephen Wade
Associated Press

Le comité organisateur japonais et le Comité international olympique (CIO) n’ont toujours pas révélé combien coûtera le report des Jeux de Tokyo d’un an. Les premières évaluations au Japon faisaient état d’un coût variant entre 2 et 6 milliards de dollars (NDLR : tous les montants dans cet article sont exprimés en dollars américains).

« Il est très probable que notre budget initial soit revu à la hausse », a d’abord évoqué par l’entremise d’un interprète le président et directeur général du comité organisateur Toshiro Muto, à l’occasion de sa conférence téléphonique hebdomadaire.

Le contribuable japonais va casquer

Il a précisé que le coût précis du report est encore inconnu, « mais nous procéderons avec transparence et expliquerons le détail des coûts supplémentaires aux contribuables japonais ».

Même si les dirigeants refusent d’offrir des détails sur ces coûts, une chose demeure : les contribuables du Japon absorberont l’essentiel de la facture.

Le gouvernement municipal de Tokyo, le comité organisateur et le Comité olympique japonais sont obligés, en vertu du contrat entre le CIO et la ville hôtesse qui a été ratifié en 2013, d’absorber l’essentiel des coûts.

Cet enjeu est polarisant au Japon, notamment pour le gouvernement du premier ministre Shinzo Abe, qui a toujours été en faveur des Jeux olympiques.

12,6 milliards dépensés et une récession en vue

Le Japon, à l’instar de nombreux pays, pourrait être plongé dans une profonde récession l’an prochain, à cause de la pandémie du nouveau coronavirus. Le Japon a officiellement dépensé jusqu’ici 12,6 milliards pour l’organisation des JO, mais un rapport du bureau du vérificateur général publié l’an dernier prétend que ce serait au moins le double de ce montant.

Tous ces coûts sont épongés par les contribuables japonais, sauf 5,6 milliards qui proviendraient du secteur privé.

Le CIO, dont le siège social est situé en Suisse, a versé 1,3 milliard, et il ne devrait guère en offrir davantage. Ses revenus, tirés du dernier cycle olympique de quatre ans, sont estimés à 5,7 milliards.

Ainsi, Muto a été questionné sans détour à savoir si le Japon était « prêt à absorber tous ces coûts d’opération supplémentaires, ou s’ils devaient être partagés ? »

Il a refusé d’y répondre directement, préférant référer les journalistes à un communiqué diffusé la semaine dernière par le CIO et le comité organisateur local.

« Nous disposons seulement du communiqué conjoint, a dit Muto. Nous devons d’abord évaluer les coûts du report, puis nous discuterons de la manière de les éponger. »

Les JO de Tokyo remis à 2022 ? Non, dit Muto

Muto a été questionné à plusieurs reprises sur la possibilité que la COVID-19 affecte la présentation de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, prévue maintenant pour le 23 juillet 2021. Plus tôt cette semaine, un scientifique japonais et un infectiologue ont déclaré qu’il serait peu probable que les Jeux olympiques aient lieu.

« Comment évoluera la pandémie du nouveau coronavirus et quand est-ce qu’elle se terminera ? Personne ne le sait avec certitude », a dit Muto.

Il a ajouté que le report à juillet 2021 permettra au comité organisateur et au CIO de disposer de « suffisamment de temps ».

Il a aussi écarté la possibilité de reporter les JO à 2022. Les Jeux olympiques d’hiver de Pékin doivent être présentés en 2022, mais pourraient aussi être affectés puisque c’est en Chine que le virus a été découvert.

« Le premier ministre Abe a déclaré que la nature des Jeux olympiques serait changée à jamais si Tokyo 2020 devait se dérouler deux ans plus tard », a conclu Muto.