(Melbourne) Daniil Medvedev, 2e mondial, a éliminé vendredi le Grec Stefanos Tsitsipas (4e) 7-6 (7/5), 4-6, 6-4, 6-1 au terme d’un match tendu et spectaculaire, pour rejoindre Rafael Nadal (5e) en finale des Internationaux d'Australie

Mis à jour le 28 janvier
Agence France-Presse

« Je vais rejouer contre l’un des plus grands joueurs et de nouveau contre un joueur qui va tenter de décrocher son 21e titre du Grand Chelem », s’est amusé le Russe de 25 ans en référence à sa finale remportée lors des derniers Internationaux d'Australie contre Novak Djokovic. Il avait alors privé le Serbe d’un 21e tournoi majeur mais également du Grand Chelem, puisqu’il avait remporté les Internationaux d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon à la suite.

Medvedev, finaliste l’an dernier à Melbourne et vainqueur des Internationaux des États-Unis, peut devenir dimanche le premier joueur de l’ère Open (depuis 1968) à remporter coup sur coup ses deux premiers titres du Grand Chelem. Naomi Osaka l’a fait chez les femmes lorsqu’elle a remporté son premier tournoi majeur aux Internationaux des États-Unis 2018 puis son deuxième aux Internationaux d'Australie 2019.

Vendredi, il a dominé Tsitsipas dans un match très spectaculaire mais également tendu. Au point que le Russe s’est est pris vertement à l’arbitre lors d’un changement de côté.

Après avoir perdu sa mise en jeu en commettant deux doubles fautes et une faute directe pour permettre à Tsitsipas de mener 5-4 et de servir pour égaliser à un set partout, Medvedev a été averti pour avoir proféré des paroles obscènes.

Assis sur son banc, il a alors interpellé l’arbitre. « Tu es fou ? Pourquoi (cet avertissement) ? », a-t-il lancé, avant de faire remarquer à l’arbitre qu’il ne disait rien quand le père de son adversaire parlait, selon lui, à son fils.

« Et son père peut parler à chaque point ? Es-tu idiot ? », a-t-il interrogé avant de répéter trois fois, en haussant le ton à chaque fois : « Son père parle à tous les points ! »

« Réponds moi ! Son père peut parler à chaque point ? Comment peux-tu arbitrer une demie de Grand Chelem alors que tu es si mauvais ? Regarde moi quand je te parle ! », a-t-il poursuivi.

« Je ne pense pas que ce type d’émotions soient bonnes, a-t-il regretté par la suite. Ça me fait perdre de l’énergie alors je me suis tout de suite dit que ce n’était pas bien ».

« Je me suis dit que le match était quand même important et que je devais me reprendre », a-t-il ajouté.

Ce qu’il a très bien fait pour conclure en 2 h 30 soit deux grosses heures de moins que le temps qu’il lui avait fallu pour battre Felix Auger-Aliassime (9e) en quarts en 5 sets mercredi.

« Après le match contre Felix, je me suis demandé comment j’allais faire pour jouer le match suivant. Dans les vestiaires, je pouvais à peine bouger », a-t-il révélé vendredi.

« Mais au réveil le lendemain (jeudi), je n’étais finalement pas si mal. Je me suis dit que ça pourrait le faire. Heureusement, cette fois ça a été plus court », a-t-il ajouté.

L’an dernier, Medvedev avait été nettement dominé en finale par Novak Djokovic mais, cette année, le Serbe est absent.

De tous les joueurs en activité, il est le 5e seulement à atteindre au moins deux fois la finale à Melbourne, après Djokovic (9, toutes gagnées), Federer (7 pour 6 titres), Nadal (6 pour 1 titre) et Murray (5 pour 0 titre).

Au total, il jouera sa 4e finale de Grand Chelem : il a remporté le titre aux Internationaux des États-Unis 2021 mais a été battu au tournoi américain de 2019 pour sa première finale majeure, déjà contre Nadal, et l’an dernier à Melbourne.

En 2021, il a aussi atteint les quarts à Roland-Garros (battu par Tsitsipas) et les 8es à Wimbledon (battu par Hurkacz), ses meilleurs performances dans ces tournois.

Il restera 2e mondial quel que soit le résultat du tournoi.

De son côté, Tsitsipas, qui avait été impressionnant pour battre Jannik Sinner (10e) en quarts, espérait atteindre pour la deuxième fois une finale d’un tournoi du Grand Chelem après Roland-Garros 2021.