(Paris) Si on avait dit au début des Internationaux de France qu’il y aurait deux Canadiens au troisième tour en simple, bien peu de spécialistes auraient prédit que ce seraient Eugenie Bouchard et Leylah Annie Fernandez.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Cette dernière s’est qualifiée jeudi grâce à une victoire de 6-4, 3-6, 6-1, devant la Slovène Polona Hercog (47e). Après avoir éliminé la 31e favorite Magda Linette dans un long duel de trois manches, lundi, la joueuse de 18 ans a encore dû batailler pendant près de deux heures et 30 minutes avant de disposer d’une rivale plus expérimentée.

Et elle s’est encore imposée à l’usure, misant sur une excellente défensive et une grande variété de coups pour forcer son adversaire à commettre des fautes.

« Je suis vraiment heureuse d’être qualifiée pour le troisième tour, a-t-elle souligné en visioconférence. Je viens de battre deux très bonnes joueuses, des joueuses du Top 50 ; ça n’a pas été facile, mais je me suis accrochée jusqu’au bout en retournant toujours beaucoup de balles. »

Déjà championne junior à Roland-Garros en 2019, Fernandez a décidément des dons pour briller sur la terre battue rouge de Paris. « Honnêtement, je ne sais trop comment expliquer mes succès ici, a-t-elle raconté. Ça fait trois ans que je viens à Roland-Garros et on dirait que j’étais faite pour jouer ici.

« C’est ma première année au tableau principal, mais je n’ai pas beaucoup changé depuis mon titre chez les juniors. Je suis encore jeune, j’essaie de bien me comporter et je considère que c’est un honneur de jouer sur ses courts célèbres, les mêmes où tant de grands champions ont connu du succès.

« Tout est évidemment très différent cette année à Paris, avec la COVID-19, le froid, la pluie. On sent une certaine nervosité, il faut respecter la distanciation sociale, se nettoyer les mains et garder notre environnement très propre, respecter les consignes et espérer que le prochain test sera négatif… »

Contre Kvitova

Fernandez affrontera justement au troisième tour l’une de ces championnes : la Tchèque Petra Kvitova, septième favorite. « Elle a gagné plusieurs titres en Grand Chelem et je sais que ce ne sera pas facile, a convenu la Canadienne. Je me souviens l’avoir vu gagner ses titres à Wimbledon et elle m’a beaucoup inspirée. C’est aussi inspirant de voir comment elle a rebondi après des moments plus difficiles (une agression à son domicile), comment elle a pu revenir dans le Top 10. »

Kvitova, qui avait atteint les demi-finales à Paris en 2012, s’est qualifiée jeudi avec une victoire de 6-3, 6-3, sur l’Italienne Jasmine Paolini et elle n’a toujours pas perdu une manche cette année.

Fernandez est maintenant assurée de toucher une bourse de 126 000 euros (196 000 dollars canadiens) et elle se retrouve 86e au classement mondial. « Je suis évidemment contente de cette bourse et de ma progression au classement, mais je ne veux pas y penser pour l’instant. Je veux me concentrer à bien préparer mon prochain match… et sur mes travaux scolaires quand je suis à l’hôtel ! »

Eugenie Bouchard contre Iga Swiatek vendredi

Eugenie Bouchard tentera vendredi de se qualifier pour le quatrième tour alors qu’elle affrontera la Polonaise Iga Swiatek (54e). Elles disputeront le premier match de la journée sur le court Simonne-Mathieu, vers 5 h au Québec. Bouchard n’a plus été aussi loin en Grand Chelem depuis les Internationaux des États-Unis de 2015, quand elle avait été contrainte à déclarer forfait avant son match de quatrième tour en raison d’une commotion cérébrale survenue lors d’une chute dans les vestiaires.