Encore une fois cette année, la Coupe Rogers va atteindre de nouveaux sommets de popularité.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

« Nous n’avons pas les chiffres finaux, mais je peux vous dire que nous allons battre notre record d’assistance avec plus de 220 000 spectateurs pour la semaine », a expliqué le directeur du tournoi, Eugène Lapierre, lors de son habituel bilan. « Et ça inclut zéro spectateur pour la séance d’hier soir [samedi]. Nous aurions donc pu battre le record par une bonne marge, mais ce sera finalement par quelques milliers. »

Selon Lapierre, l’explication est simple : « Il y a de plus en plus d’amateurs de tennis ! »

Cette progression a évidemment été aussi notable à Toronto. Toujours en retrait sur le plan des foules par rapport à Montréal, le tournoi féminin a atteint de nouveaux sommets cette année en raison des succès de Bianca Andreescu.

« En combinant Montréal et Toronto, nous sommes le plus gros tournoi d’une semaine au monde, a rappelé le directeur Karl Hale. Notre tournoi progresse régulièrement depuis le milieu des années 2000 et cela s’est accéléré depuis deux ou trois ans. Pour la première fois en 20 ans, nous avons eu plusieurs séances à guichets fermés et, avec les succès de Bianca, Félix [Auger-Aliassime] et Denis [Shapovalov], nous nous attendons à ce que le tournoi et le tennis connaissent une formidable croissance au cours des cinq prochaines années.

Privilégier l’« expérience client »

Malgré la malheureuse séance annulée, et la frustration que cela a suscitée chez les spectateurs présents, Lapierre estime que les amateurs sont généralement très satisfaits de leur expérience : « Certaines choses nécessitent de gros investissements, mais notre façon de travailler avec l’équipe est de regarder les détails. Ce matin, avant 9 h, nous avons fait le tour du stade en prenant des notes. Les gens aiment beaucoup le site. Toute la semaine, ils m’ont dit que c’était beau. Mais nous, nous voyons les détails, nous prenons des notes, et nous faisons des améliorations chaque année. »

On parle beaucoup d’un toit, mais Lapierre a concédé que d’autres secteurs du site méritaient l’attention.

On aimerait développer une zone derrière le stade et il faudrait rénover le terrain autour. Vous n’avez pas vu de gazon, car il est non existant. Nous voudrions en mettre, mais c’est un énorme investissement. Nos équipes font toutefois de l’excellent travail afin que le site soit attrayant pendant le tournoi.

Eugène Lapierre

L’« expérience client » passe aussi beaucoup par les performances des joueurs sur le terrain et, malgré l’absence de Roger Federer et de Novak Djokovic, Lapierre s’est réjoui de la présence de Rafael Nadal en finale, tout en rappelant les exploits de Félix Auger-Aliassime.

« C’est bien d’avoir [Nadal] à Montréal. Il adore la ville, il adore jouer ici. On a beaucoup parlé des Canadiens cette année et, même s’ils étaient regroupés dans quatre lignes du tableau, on a vu tout leur potentiel.

« Félix a quand même atteint le troisième tour et son match contre Khachanov, un joueur du top 10, a été bien plus serré que le pointage ne l’indique. Nous avons de belles années devant nous à suivre ses exploits et ceux des autres Canadiens. »

La concurrence des JO

La prochaine présentation du tournoi, en 2020, s’annonce quand même plus compliquée, même si Andreescu défendra son titre. La concurrence des Jeux olympiques de Tokyo risque en effet d’éloigner plusieurs joueuses de premier plan.

Il y aura les Jeux, qui durent deux semaines, puis Montréal démarre. Mais l’épreuve de tennis est disputée pendant la première semaine des Jeux, donc il y aura une semaine complète avant notre tournoi.

Eugène Lapierre

« Par contre, il y a quand même 12 heures de décalage horaire, c’est la principale difficulté. Les joueurs devront revenir rapidement, pour pouvoir s’adapter au décalage horaire. Techniquement, cela devrait aller. Nous avons déjà pensé à des solutions pour faciliter le voyage des athlètes, comme nous le faisons déjà ici, pour nos demi-finalistes et finalistes, qui auront accès à un jet privé ce soir pour aller à Cincinnati.

« La saison sera chargée, car notre tournoi arrive après la longue saison sur terre battue, suivie de celle sur gazon, courte, mais intense, puis il y a deux semaines avant les Jeux. Une seule semaine pour arriver ici, et après Cincinnati, l’Omnium des États-Unis… L’été sera dur pour les athlètes.

« En même temps, nous ne savons pas qui va jouer les Jeux. Certains joueurs feront des choix. Mais nous espérons qu’ils voudront venir rapidement en Amérique du Nord pour préparer l’Omnium des États-Unis. »