Aurélie Rivard (S10) a mis fin à ses Jeux paralympiques en prenant le quatrième rang du 200 m quatre nages individuel, vendredi, lors de la dernière journée de compétitions à la piscine du Centre aquatique de Tokyo. Cette performance vient ainsi clore le séjour japonais de la Québécoise qui a été marqué par cinq médailles et plusieurs records, mais aussi par un exercice mental des plus difficiles.

Mathieu fontaine Sportcom

De son propre aveu, Rivard a connu un départ ardu dans la capitale japonaise. Pas à propos de son résultat, elle avait obtenu le bronze au 50 m libre, mais davantage sur le plan du moral. Déçue de sa prestation, la nageuse de Saint-Jean-sur-Richelieu est passée par toute la gamme des émotions après sa première sortie.

« Dès le jour un, je voulais m’en aller chez nous ! J’étais contente d’avoir une médaille, mais je savais que je n’avais vraiment pas bien exécuté [techniquement] et mon temps était mon plus lent de l’année. Ça ne m’était jamais vraiment arrivé avant et je ne comprenais pas pourquoi ça s’était passé comme ça. Ç’a été assez pénible », a-t-elle raconté en entrevue avec Sportcom.

Les doutes étaient alors nombreux dans l’esprit d’Aurélie Rivard, qui devait participer à cinq autres courses. Après quelques heures de tourment, elle a décidé de chasser ses idées négatives et de plonger tête première vers ses prochaines épreuves.

« J’ai remis beaucoup de choses en question, surtout pour ma préparation. Je me demandais vraiment si ça allait être comme ça pour toutes les courses, a-t-elle poursuivi. J’ai donc décidé de mettre toutes mes énergies pour faire semblant que ce n’était pas arrivé. C’était la seule manière de continuer. »

Un peu plus d’une semaine plus tard, force est d’admettre que la formule a fonctionné pour Rivard qui conclut les Jeux paralympiques de Tokyo avec un total de cinq médailles, dont deux d’or récoltées au 100 m libre et au 400 m libre.

Qui plus est, la représentante de l’unifolié a profité de l’occasion pour améliorer les deux records du monde sur ces distances, en plus de réaliser de nouvelles marques personnelles dans toutes ses autres épreuves. Un dénouement heureux, mais très éprouvant mentalement.

« Je suis très fière de la tournure des évènements. Ç’a été extrêmement difficile, mais je savais que je devais changer mon approche pour avoir du succès. Finalement, je suis vraiment contente des résultats obtenus. »

Sa dernière course, le 200 m quatre nages individuel, ne fait d’ailleurs pas exception, même si elle n’a pu y obtenir une sixième médaille en six épreuves au Japon.

« La quatrième place est toujours difficile à accepter, mais je suis quand même très satisfaite. Je ne voulais pas me faire trop d’attentes pour cette épreuve, mais je termine quand même avec le record canadien. Les autres filles ont très bien nagé et je suis contente pour elles », a analysé celle qui a enregistré un chrono de 2 minutes 28,73 secondes.

À la fin, seulement 0,87 seconde l’a séparée de la médaille de bronze remportée par la Néerlandaise Lisa Kruger. Cette dernière a vu sa compatriote Chantalle Zijderveld réaliser une nouvelle marque mondiale avec un temps de 2 min 24,85 s pour être sacrée championne. La Hongroise Bianka Pap (+1,27 s) a quant à elle été décorée d’argent.

Aurélie Rivard reviendra donc au pays avec cinq médailles de plus à son palmarès paralympique qui en compte désormais dix. Et pour l’heure, impossible de dire si d’autres s’y ajouteront un jour.

« Je n’ai pas encore pris de décision pour le prochain cycle. Présentement, j’ai besoin de repos et de me retirer de la piscine pour un certain temps. Après, je pourrai réévaluer le tout et voir ce que je fais pour Paris », a-t-elle conclu.

Alec Elliot satisfait de ses Jeux

Également en action vendredi, Alec Elliot (S10) a terminé son périple japonais en se classant cinquième du 200 m quatre nages individuel masculin avec un temps de 2 min 15,26 s.

« Pour moi, c’est excellent et ça s’est passé comme prévu. Je suis sorti fort et j’ai été dans le coup jusqu’à la fin. J’ai essayé de remonter, mais il en a manqué », a expliqué l’athlète de 25 ans.

Comme il l’a fait depuis le début de la compétition, l’Ukrainien Maksym Krypak a dominé la course finale. Son chrono de 2 min 5,68 s lui a permis d’être couronné pour la cinquième fois à Tokyo. L’Italien Stefano Raimondi (+2 s) et le Néerlandais Bas Takken (+5,71 s) ont respectivement pris les deuxième et troisième rangs.

Alec Elliot boucle donc ses deuxièmes Jeux paralympiques avec trois cinquièmes places et, surtout, avec le sentiment du devoir accompli. « Mon objectif était de me concentrer sur mes courses et de donner le meilleur de moi-même chaque fois que j’allais à la piscine. Avec mon entraîneur Marc-André Pelletier, on a beaucoup parlé et j’ai suivi les plans de course à la lettre. Je suis très content de ce que j’ai fait cette semaine et c’était une expérience exceptionnelle. »

Seule autre Québécoise en action, Camille Bérubé (S7) a terminé au sixième et dernier rang de sa vague de qualifications au 50 m papillon en raison d’un chronomètre de 42,35 s. Ce résultat n’a pas été suffisant pour atteindre la finale remportée par la Canadienne Danielle Dorris, auteure d’un record du monde (32,99 s).