(Tokyo) Ce n’est pas fortuit si Jacqueline Simoneau et Claudia Holzner ont puisé dans la culture japonaise pour le programme libre de leur duo aux Jeux olympiques de Tokyo.

Marc Delbès La Presse Canadienne

Au fil des dernières années, non seulement elles ont souvent séjourné au pays du Soleil levant pour des compétitions, mais elles y ont aussi vécu une belle expérience humaine.

« Claudia et moi, nous avons eu la chance de faire partie du projet Kakehashi en 2018 – un programme visant à promouvoir les échanges entre les peuples. Le Comité olympique canadien a choisi 10 athlètes de différents sports pour venir au Japon et baigner dans la culture japonaise, a raconté la nageuse artistique de 24 ans entre deux séances d’entraînement, samedi.

« Nous avons pu vivre avec une famille japonaise dans les montagnes de Kyoto. Nous avons vraiment baigné dans la culture japonaise, nous avons dormi sur le lit tatami, sommes allées dans les temples. On s’est inspirées de cette expérience pour notre programme libre. »

Et ce n’était pas seulement un voyage d’agrément. La famille chez qui elles ont séjourné possède une ferme.

« Nous les avons aidés et ç’a été une expérience incroyable », a décrit Simoneau, soulignant que la céiste Laurence Vincent Lapointe et la planchiste à roulettes Annie Guglia étaient également de la partie.

On comprend donc mieux pourquoi cette routine libre les inspire tant. Elles ont d’ailleurs fait bonne impression depuis la reprise des compétitions au printemps, triomphant en juin à la Super Finale des Séries mondiales à Barcelone.

Cette chorégraphie mise au point avec Denise Sauvé s’inspire des ninjas et elle commence par un mouvement acrobatique en hauteur. L’exercice comprend également des pirouettes rapides à hauteur maximale, ce qui fait qu’il a un coefficient de difficulté élevé.

Jamais sans mon chocolat

Arrivées à Tokyo avec le reste de l’équipe mercredi après un camp d’entraînement sur l’île de Vancouver, Simoneau et Holzner ne chômeront pas au cours de la prochaine semaine.

Elles entreront en action, lundi, alors que les duos exécuteront leur programme libre pour la première fois afin de départager les 12 meilleurs sur les 22 équipes en compétition.

« Les Jeux olympiques sont différents des autres compétitions, a expliqué Simoneau. En duo, on combine les résultats du duo libre et du duo technique pour trouver les 12 meilleurs. Ensuite pour la finale – qui aura lieu le 4 août –, seul le résultat du programme libre détermine le classement. »

Par la suite, ce sera au tour de l’épreuve par équipes avec le programme technique, vendredi, et le programme libre, le 7 août. C’est donc dire que Simoneau et Holzner passeront beaucoup de temps à la piscine au cours des prochains jours.

« Nos entraînements se passent bien jusqu’ici. C’est un peu plus difficile à cause de la COVID-19. Habituellement, en nage artistique, nous partageons le temps d’entraînement dans le bassin avec une autre équipe. Mais dans le contexte actuel, ce n’est pas possible. Nos entraînements sont donc plus intenses parce que nous n’avons pas de pause. »

Les nageuses auront l’occasion de se familiariser avec la piscine de compétition pour une première fois, dimanche.

Et la journée de la compétition, tout est réglé comme du papier à musique.

« En matinée, nous avons un entraînement dans le bassin de compétition avec la musique. Par la suite, nous allons sûrement retourner au village, manger un peu et nous préparer, faire nos cheveux et le maquillage. Nous avons ensuite un autre entraînement, suivi de la compétition en soirée. »

Si elle n’a ni superstition ni rituel particulier, Simoneau a toujours besoin de manger un morceau de chocolat avant une compétition, de préférence un chocolat au lait.

« J’ai déjà ma tablette que je vais apporter, a conclu Simoneau. Et je suis chanceuse au village parce qu’il y a un stock illimité à la cafétéria de chocolat Meiji, mon préféré ici. »