(Tokyo) L’attente a peut-être été la partie la plus souffrante pour l’haltérophile canadien Boady Santavy, samedi.

John Chidley-Hill La Presse Canadienne

Santavy occupait le premier rang chez les 96 kg après avoir soulevé 208 kg à sa dernière tentative à l’épaulé-jeté, pour gonfler son total combiné à 386 kg. Il a ensuite vu ses trois rivaux principaux le devancer tour à tour et a raté le podium par 1 kg aux Jeux de Tokyo.

« C’était stressant parce que je savais que j’avais déjà levé plus de poids qu’ici, a dit l’athlète de 24 ans. Mais il n’y a pas d’excuse parce que je me suis entraîné aussi fort que possible et j’ai tout donné. J’ai réussi les levées que je pouvais faire aujourd’hui. »

Le Qatari Fares El-Bakh a établi un record olympique à l’épaulé-jeté en soulevant 225 kg lors de sa deuxième tentative et a gagné l’or avec un poids combiné de 402 kg. Il a ensuite tenté de battre le record mondial en essayant de soulever 232 kg, mais a échappé la barre.

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Fares El-Bakh

Le Vénézuélien Keydomar Vallenilla Sanchez a décroché l’argent, et le Géorgien Anton Pliesnoi, le bronze, les deux grâce à un poids combiné soulevé de 387 kg.

« Je continue de penser à tout ce qui s’est passé, même si je ne devrais pas le faire », a dit Santavy, originaire de Sarnia, en Ontario. « C’est comme ça. Je vais m’entraîner pendant les trois prochaines années dans l’espoir d’obtenir un meilleur résultat aux Jeux de Paris. »

Santavy a réussi sa première tentative à l’arraché en levant 173 kg, mais a raté sa deuxième tentative, à 177 kg.

« Je sais qu’il se sentait un peu malade et j’ai dû l’aider à se dépasser », a dit Dalas Santavy, père et entraîneur de Boady.

El-Bakh, Vallenilla Sanchez et Pliesnoi ont tous levé aussi 177 kg à l’arraché. Santavy a donc ajouté 1 kg à la barre lors de sa troisième et dernière tentative.

Santavy a gagné son pari, a crié et a frappé sa poitrine après être devenu le premier Canadien à mener après l’arraché dans sa catégorie aux JO.

Occupant le deuxième rang après sa première tentative à l’épaulé-jeté, Santavy a échappé la barre à 205 kg lors de sa deuxième tentative. Pliesnoi a ensuite réussi une levée de 206 kg, pour gonfler son total à 383 et repousser Santavy sur la troisième marche du podium.

Son père a crié « tire fort » quand Santavy a mis ses mains sur la barre lors de sa dernière tentative à l’épaulé-jeté, à 208 kg. Il a réussi à soulever la barre et embrassé la plateforme avant de courir vers son père pour lui donner l’accolade.

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Boady Robert Santavy

Cette levée replaçait Santavy en tête, mais il allait devoir regarder ses rivaux tenter de le dépasser.

Vallenilla Sanchez a réussi à le faire en soulevant 210 kg. Pliesnoi a également réussi à soulever 210 kg à sa troisième tentative, pour rejoindre le Vénézuélien à 387 kg totaux.

Vallenilla Sanchez a été incapable de soulever 216 kg à sa dernière tentative.

Encore installé sur la troisième marche du podium, Santavy a ensuite vu El-Bakh se présenter pour sa première tentative, à 217 kg. Le Qatari a facilement soulevé la charge, pour s’assurer l’or olympique.

Malgré le résultat, Santovy a eu une pensée pour son grand-père, qui avait participé aux Jeux de Montréal, en 1976, dans la même épreuve, mais qui est mort en 2018.

« S’il était ici, il aurait été pas mal excité, a dit Boady. C’est mieux que ce qu’il a fait, et je suis certain qu’il serait heureux de me voir ici avec mon père en train de briller. »

« On ne peut pas changer le passé »

En 2018, Santavy a plaidé coupable à un délit de fuite et passé 90 jours en prison, en plus de passer un an sous probation et d’être privé de son permis de conduire pendant un an.

« On ne peut pas changer le passé, et je me concentre pour devenir la meilleure personne possible, a dit Santavy samedi. Je suis maintenant un Olympien et j’espère inspirer des jeunes et d’autres personnes à pratiquer ce sport et faire des choses positives.

« Je suis fier de représenter le Canada sur la plus grande scène au monde. »