(Genève) Le CIO a finalement cédé et offre aux athlètes olympiques la possibilité de faire des gestes de protestation sur le site des compétitions aux Jeux de Tokyo.

Graham Dunbar Associated Press

Une troisième mise à jour en 18 mois des directives olympiques qui tentent de limiter où et comment les athlètes peuvent exprimer leurs opinions inclut pour la première fois une plus grande liberté à l’intérieur même du site de leur évènement.

Les dernières directives semblent permettre aux athlètes d’imiter les gestes emblématiques du poing levé en soutien au mouvement « Black Power » des sprinters américains Tommie Smith et John Carlos aux Jeux olympiques de Mexico en 1968.

Ils ne devraient toutefois être autorisés à Tokyo qu’« avant le début de la compétition » et non sur le podium lors des cérémonies de remise des médailles comme l’ont fait Smith et Carlos. Les médaillés américains du 200 mètres avaient été expulsés des Jeux olympiques.

Les gestes seront désormais autorisés à Tokyo par les athlètes « après avoir quitté la “salle d’appel” (ou une zone similaire) ou lors de la présentation de l’athlète individuel ou de l’équipe », a déclaré le CIO. Cela devrait inclure les blocs de départ ou la ligne de départ.

Les athlètes s’exposent toujours à des mesures disciplinaires si leur geste « vise, directement ou indirectement, contre des personnes, des pays, des organisations » ou s’il est perturbateur, a précisé le CIO.

La perturbation peut inclure le fait de perturber la concentration ou la préparation d’un adversaire, en déployant une bannière ou un geste lors d’un hymne national.

À une ère d’activisme renouvelé des athlètes et de gestes tels que mettre un genou à terre, le CIO a eu du mal à adapter la règle 50 de sa Charte olympique.

Elle précise : « Aucune sorte de manifestation ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée sur les sites ou autres zones olympiques. »

Le renforcement par la commission des athlètes du CIO de la règle 50 en janvier 2020 avait été critiqué à l’époque par certains groupes d’athlètes, et elle semblait obsolète après le meurtre de George Floyd en mai 2020.

Une révision de la règle a été promise par le CIO au milieu d’une vague mondiale de soutien au mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte) et appelle à plus d’égalité sociale.

Avant sa course de 200 mètres à Monaco en août dernier, le champion du monde américain Noah Lyles s’est tenu dans les blocs de départ, la tête baissée et le poing droit ganté de noir. Lyles, qui est Noir, participera au 200 mètres à Tokyo.

Cette mise à jour du CIO est limitée aux Jeux olympiques de Tokyo qui s’ouvriront dans trois semaines et ne fait pas référence aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 potentiellement controversés en février.