Geneviève Lalonde entend « viser le top » aux Jeux olympiques. C’est ce qu’elle a affirmé vendredi, après avoir pris part à l’épreuve du 3000 m steeple lors de la première journée des essais nationaux olympiques et paralympiques d’athlétisme, qui se déroulent à Montréal jusqu’à dimanche.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Plus de 180 athlètes sont réunis et concourront dans 28 épreuves tout au long de la fin de semaine sur la piste du complexe Claude-Robillard, devant des gradins toutefois vides en raison de la pandémie. Cette compétition représente la dernière chance pour beaucoup d’entre eux d’obtenir leur place dans l’avion vers Tokyo.

Geneviève Lalonde, Québécoise de naissance, Jessy Lacourse et Catherine Beauchemin étaient en action lors de la dernière épreuve de la journée, le 3000 m steeple.

PHOTO BERNARD BRAULT, FOURNIE PAR ATHLÉTISME CANADA

Regan Yee, Geneviève Lalonde et Alycia Butterworth

Lalonde, qui s’était déjà qualifiée pour les Jeux de Tokyo lors d’une compétition à Shanghai en 2019, voyait cette course comme une ultime préparation avant son départ vers la capitale japonaise. En deuxième place derrière Regan Yee tout au long de la course, elle a été devancée par Alycia Butterworth dans les derniers mètres. Elle a donc terminé en 3position avec un temps de 9 min 32,68 s.

Tokyo, c’est là qu’on regarde. C’était de compétitionner le plus qu’on pouvait dans les semaines qui mènent à Tokyo.

Geneviève Lalonde

« Aujourd’hui, ç’a été un très bel entraînement pour ça, poursuit-elle. À la fin, Regan [Yee] était plus vite que moi, et Alycia [Butterworth] m’a rattrapée à la ligne. C’est sûr que, rendue à Tokyo, je vais vouloir les battre. Mais ce sont de superbes conditions pour se préparer. Et quelle belle occasion de faire ça à Montréal ! Les gens dans les estrades nous manquent, mais dans nos cœurs, on sait qu’ils sont là. »

Il s’agira d’une deuxième participation aux Jeux pour la femme de 29 ans.

De son côté, Jessy Lacourse devait absolument réaliser la norme olympique de 9 min 30 s pour obtenir son billet pour le Japon. Cela s’avérait une commande « ambitieuse », dit-elle. L’athlète de 24 ans a fait un chrono de 9 min 50,85 s, bonne pour la 5e place.

« La course ne s’est pas passée exactement comme je l’aurais voulu, soutient-elle. Les filles en avant voulaient courir autour de 9 min 30 s. Mon record, cette année, c’est 9 min 40 s, donc 10 secondes derrière. On s’était dit : on embarque avec les filles en avant et on essaie. On dirait que, malheureusement, j’ai figé et je n’ai pas été capable d’embarquer avec le peloton de tête. Ç’a été moyen. »

PHOTO BERNARD BRAULT, FOURNIE PAR ATHLÉTISME CANADA

Catherine Beauchemin et Jessy Lacourse

L’athlète du Rouge et Or, de l’Université Laval, n’est cependant pas déçue outre mesure, puisque son réel objectif demeure les Jeux de Paris, en 2024. Elle en avait surpris plus d’un en battant son record en mai à New York, réussissant un chrono de 9 min 40,86 s, soit 15 secondes de moins que son temps de 2019.

« C’est déjà un bel été pour moi, dit-elle. Je suis vraiment très contente jusqu’à maintenant. »

Juste d’avoir eu une chance raisonnable de pouvoir peut-être y aller [aux Jeux], ç’a été quelque chose de plaisant. L’objectif va rester le même : Paris 2024.

Jessy Lacourse

Quant à elle, Catherine Beauchemin a terminé en 7place.

Une dernière chance

Plus tôt en soirée, la Baie-Comoise de 30 ans Laurence Côté a conclu l’épreuve du 800 m en 5place avec un chrono de 2 min 4,54 s. Sa collègue de Sherbrooke Maïté Bouchard la suivait de près, terminant en 6position.

PHOTO PIERRE PARADIS, FOURNIE PAR ATHLÉTISME CANADA

Laurence Côté et Julianne Labach au départ du 800 m

Je suis vraiment déçue de ma course. C’est vraiment en deçà de mes attentes, mais c’est la beauté de la course : rien n’est jamais gagné d’avance. Il faut toujours se battre à chacune de nos courses. Des fois, ça fonctionne ; d’autres fois, non.

Laurence Côté

« Une fois que tu es détachée du peloton de tête, c’est difficile d’aller le rechercher. Il y a une fille devant moi qui a ralenti un peu, donc je n’ai pas été capable d’aller le chercher. »

La course a néanmoins été enlevante, alors que la native de la Colombie-Britannique Lindsey Butterworth a devancé la détentrice du record canadien Mélissa Bishop-Nriagu dans les derniers mètres pour remporter le titre national. Les deux femmes ont réussi la norme olympique de 1 min 59,50 s, en route vers les Jeux.

Laurence Côté aura une dernière chance de gagner sa place pour Tokyo. Pour ce faire, elle devra atteindre la norme olympique à la Classique d’athlétisme de Montréal, qui aura lieu le 29 juin. Ce qui veut aussi dire qu’elle devra battre son propre record de 2 min 1,87 s, réussi en 2019 à Memphis.

« C’est une grosse commande, mais ce n’est pas impossible du tout », affirme-t-elle.

Autres résultats

Au 100 m chez les femmes, la Torontoise Crystal Emmanuel a réalisé un chrono de 11,18 s pour remporter son huitième titre national dans cette épreuve. Même si elle n’a pas réussi la norme olympique de 11,14 s, l’athlète de 29 ans devrait obtenir sa place dans l’épreuve pour Tokyo. Elle a d’ailleurs déjà atteint la norme au 200 m. Les Québécoises Audrey Leduc et Deondra Green ont respectivement terminé en 5e et en 6position.

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Aaron Brown

En l’absence du triple médaillé olympique Andre De Grasse, lequel est déjà qualifié pour Tokyo, le Torontois Aaron Brown s’est emparé de la première place au 100 m grâce à un temps de 10,12 s. Même s’il est lui aussi déjà qualifié pour les 100 et 200 m olympiques, il a ainsi mis la main sur son deuxième titre canadien de suite.

Au saut en longueur, l’Ontarien et médaillé olympique Damian Warner a été dominant et s’est emparé de la première position, même s’il ne s’agit pas de son épreuve de prédilection. Son premier saut a été le meilleur, alors qu’il a réussi un bond de 7,81 mètres. Le Montréalais Stevens Dorcelus a terminé en dernière place, franchissant 6,67 mètres avec son meilleur saut.

Rappelons que le champion olympique de saut en hauteur Derek Drouin s’est retiré des essais olympiques jeudi soir, affirmant que son corps n’était pas prêt.

L’évènement se poursuit ce samedi et dimanche.