Le Comité olympique canadien est demeuré prudent au sujet de la possibilité de prioriser les athlètes olympiques lors de la campagne de vaccination de masse contre la COVID-19 qui aura lieu au Canada cette année, se distançant des propos de l’influent membre canadien du Comité international olympique Dick Pound.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Pound a déclaré à la chaîne Sky News que les athlètes devraient être priorisés pour la vaccination contre le coronavirus afin d’éviter l’annulation des Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain.

Pound s’est aussi dit optimiste à l’idée que les Jeux de Tokyo puissent être présentés, à condition que les athlètes soient vaccinés avant ceux-ci.

« Au Canada, où nous comptons entre 300 et 400 athlètes - il faudrait qu’on obtienne entre 300 ou 400 doses sur les quelques millions qui seront disponibles afin que le Canada soit représenté dans un évènement sportif international de cette envergure -, je ne crois pas que ça soulèverait un tollé au sein de la population », a-t-il déclaré à la chaîne britannique.

« Chaque pays doit prendre ses décisions, et certaines personnes pourraient dire qu’ils (les athlètes) court-circuitent la file, mais je crois que c’est l’approche la plus réaliste qui soit », a-t-il ajouté.

Pour sa part, chef de la direction et secrétaire général du COC, David Shoemaker, a déclaré par voie de communiqué que « nous surveillons attentivement les développements sur les vaccins ainsi que les déclarations du CIO et du comité d’organisation de Tokyo 2020, mais ceux-ci ne modifient pas nos préparatifs actuels pour les Jeux de Tokyo 2020 puisque nous ne pouvons pas présumer de l’ampleur de la disponibilité des vaccins, comment ils seront distribués ni quand ils seront accessibles aux athlètes canadiens ».

« Nous sommes tout à fait conscients que les travailleurs de première ligne et les personnes vulnérables recevront le vaccin en priorité et que l’accès d’Équipe Canada aux vaccins dépendra de nombreuses considérations, notamment les lois qui régiront l’entrée au Japon l’été prochain », a-t-il poursuivi.

Quant à savoir si le scénario d’acheter des vaccins directement des compagnies productrices est envisagé et si le CIO a fourni quelques lignes directrices au COC sur le sujet, là encore le flou persiste. Le COC a d’ailleurs renvoyé la balle à ce sujet au CIO, en mentionnant qu’« il est encore trop tôt pour avoir une image claire de la situation ».

Le CIO songe présentement à des manières d’aider les athlètes à être vaccinés dans des pays où un programme de vaccination de masse semble improbable avant le début de l’été.

Plusieurs observateurs doutent que les Jeux de Tokyo, qui doivent se mettre en branle le 23 juillet 2021 - un an exactement après la date prévue initialement - puissent avoir lieu tel que prévu.

Les décisions concernant la présences de spectateurs et les mesures préventives de la pandémie devraient être prises au printemps. La réduction du nombre de spectateurs affectera la vente de billets, une source majeure de revenus.

Le Japon a mieux contrôlé la propagation de la COVID-19 que la plupart des pays avec 3000 décès attribués au virus. Cette étape a été franchie le mois dernier. De nouveaux cas se multiplient depuis un mois, ajoutant au scepticisme du public quant aux Jeux olympiques.

Dans un sondage téléphonique effectué auprès de 1200 personnes en décembre par la chaîne japonaise NHK, 63 % ont déclaré que les Jeux olympiques devraient être de nouveau reportés ou annulés, contre seulement 27 % qui ont dit que les JO devraient avoir lieu. Le sondage a été réalisé du 11 au 13 décembre.

Le CIO et les organisateurs locaux ont répété plusieurs fois que les Jeux olympiques seraient annulés s’ils ne peuvent pas avoir lieu l’été prochain.