Le Championnat du monde de Formule 1 2011 a débuté la nuit dernière à Melbourne avec les premiers essais du Grand Prix d'Australie. Reporté de deux semaines en raison de l'annulation de l'épreuve prévue à Bahrein, ce début de saison est attendu avec impatience. Rarement autant d'incertitudes ont-elles été réunies en lever de rideau.

Mis à jour le 27 mars 2011
Michel Marois
Michel Marois LA PRESSE

Au plan sportif, si la domination des Red Bull est probable, il sera intéressant de voir comment l'équipe va composer avec la pression associée au statut de double champion du monde.

L'Anglais Lewis Hamilton s'est d'ailleurs moqué de la formation austro-britannique en début de semaine. «Red Bull n'est pas un constructeur, c'est un manufacturier de breuvages, a-t-il souligné. On ne peut comparer ça avec l'histoire de McLaren ou de Ferrari.»

Sebastian Vettel et surtout Mark Webber ont répliqué en soulignant que, «pour une compagnie de boissons, Red Bull avait connu une saison 2010 assez exceptionnelle!»

Tout indique que Vettel et Webber seront encore aux premiers rangs cette saison, avec les Ferrari, les McLaren et peut-être les Mercedes.

L'Allemand Michael Schumacher, septuple champion du monde, a assuré cette semaine: «Mercedes a accompli de gros progrès avec la nouvelle monoplace, qui est bien plus performante que la précédente. Nous avons une opportunité d'obtenir de bons résultats dès ce week-end. Red Bull demeure l'équipe à battre, mais je crois que nous sommes juste derrière, avec Ferrari.»

 

Le retour des stratèges?

Au-delà de la hiérarchie sportive, sur laquelle nous reviendrons demain dans notre présentation de la saison, les plus grandes inconnues du week-end sont de nature technique. L'arrivée d'un nouveau fournisseur de pneus, Pirelli, a forcé les équipes à revoir la conception de leurs suspensions et les essais hivernaux ont révélé un taux d'usure très élevé.

De toute évidence, les pilotes devront effectuer deux ou même trois arrêts par course pour changer leurs pneus. La saison dernière, certains pneus Bridgestone pouvaient parcourir la distance entière d'un Grand Prix et les ravitaillements n'avaient plus le moindre impact sur l'issue des courses.

Selon Paul Hembery, le directeur de Pirelli, «nos pneus vont obliger les équipes à bien planifier leurs stratégies de ravitaillement et on pourrait voir des voitures moins rapides profiter d'une meilleure stratégie pour en devancer de plus rapides. Cela ne peut qu'être positif pour le spectacle.»

Le retour du système de récupération de l'énergie cinétique (SREC) et l'introduction des ailerons arrière mobiles pourraient également contribuer à des courses plus disputées en multipliant les occasions de dépassement, un «événement» devenu bien rare en F1 ces dernières années.

Plusieurs pilotes prévoient un véritable festival. «Je crois qu'il y aura tellement de dépassements dans la dernière section du circuit que ce sera un véritable choc pour les spectateurs, a estimé l'Anglais Jenson Button à Melbourne. Tout va se jouer dans le dernier virage de cette course et c'est très bien ainsi.»

 

Photo Reuters

Selon Pirelli, les nouveaux pneus vont obliger les équipes à bien planifier leurs stratégies de ravitaillement et on pourrait voir des voitures moins rapides profiter d'une meilleure stratégie pour en devancer de plus rapides.

Un Grand Prix menacé?

Un peu comme celui du Canada, le Grand Prix d'Australie est parmi les plus populaires auprès des pilotes et des équipes. Après Montréal, Melbourne est à son tour menacé de disparaître et il est loin d'être évident que les responsables politiques de la région vont accepter les mêmes compromis que les nôtres ont dû faire.

Le contrat entre le promoteur Ron Walker et la FOM de Bernie Ecclestone est valable jusqu'en 2015, avec une option de cinq ans. Le dernier Grand Prix s'est toutefois soldé par un déficit de 50 millions et le maire de Melbourne, Robert Doyle, a suggéré d'abandonner sa présentation.

Ecclestone, qui n'apprécie guère le long déplacement et le décalage horaire australien, s'est dit prêt à négocier la rupture du contrat et il a déjà maintes fois évoqué le retrait de ce Grand Prix du calendrier à la faveur de nouvelles épreuves en Russie ou aux États-Unis.

Walker a toutefois rappelé que les déficits annuels ne tenaient pas compte de la formidable visibilité procurée par la F1 et il a suggéré de construire un nouveau circuit permanent, en banlieue de Melbourne, de façon à assurer la survie de l'événement.

Le dossier est évidemment d'autant plus intéressant qu'il ressemble à celui de Montréal. Les démêlés entre les Australiens et Ecclestone augurent toujours un peu de ce qui risque de se passer plus tard entre le patron de la F1 et nos élus.

Photo AP

En appui aux victimes du séisme et du tsunami au Japon, Fernando Alonso arbore le drapeau nippon sur le museau de sa Ferrari ce week-end en Australie, accompagné des mots "N'abandonne pas, Japon", inscrits en Japonais.