Présente aux prochains Jeux olympiques, l’élite du basketball 3x3 fera une escale à Montréal, ce week-end, dans le cadre de la Série mondiale FIBA 3x3. Pour l’occasion, un site a été aménagé à l’ombre du pont Jacques-Cartier.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Des débuts en 2010

Sport urbain par excellence, le basket à trois contre trois se pratique depuis très longtemps. La Fédération internationale de basketball (FIBA) en a harmonisé les règlements, conjointement avec la communauté, et tente de le professionnaliser depuis presque une décennie.

Le premier grand tournoi de 3x3 remonte à 2010, dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). La première Coupe du monde a eu lieu deux ans plus tard en Grèce. Au fil des années, les observateurs ont noté une nette progression. Alex Sanchez, directeur du 3x3 à la FIBA, cite l’exemple de la Serbie, gagnante en 2012, puis en 2016, 2017 et 2018.

« Ils ont gagné avec presque la même formation. Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que l’équipe avait un style rudimentaire en 2012, mais qu’elle jouait de manière plus sophistiquée et plus professionnelle quatre ans plus tard. […] Les quatre joueurs serbes ont développé un style plus adapté à ce type de basket alors qu’il y avait davantage de un-contre-un ou de tirs effectués sans réfléchir en 2012. »

Dorénavant, les joueurs se consacrent exclusivement au 3x3 et comptent sur l’aide d’entraîneurs spécialisés.

Des qualités différentes

Les matchs, d’une durée de 10 minutes, se jouent sur un demi-terrain et avec un seul panier. L’équipe qui l’emporte est celle qui a inscrit le plus grand nombre de points, au terme des 10 minutes, ou qui a atteint 21 points avant la limite. Les paniers valent un point à l’intérieur de l’arc et deux points au-delà de 6,75 m. Les deux équipes, composées de trois joueurs et d’un remplaçant, ont 12 secondes pour tirer.

« C’est un jeu qui va extrêmement vite, donc on a besoin de joueurs qui sont mobiles et avec une condition physique optimale, explique le responsable des communications 3x3 de la FIBA, Julien Debove. Les joueurs doivent être extrêmement polyvalents. Il n’y a pas de spécialistes alors que, au basket [à cinq], certains sont juste des tireurs ou des rebondeurs. Tout le monde doit pouvoir défendre sur tout le monde et tout le monde doit être capable de shooter à deux points. »

Un premier arrêt à Montréal

Pour la première fois, Montréal accueillera donc une étape de la Série mondiale. Lancé en 2012, le circuit compte aujourd’hui 11 arrêts dans des villes situées aux quatre coins du monde, dont Chengdu, Mexico, Prague, Lausanne ou… Saskatoon ! La finale se déroulera au Japon les 2 et 3 novembre. Au fait, pourquoi avoir ajouté Montréal au calendrier ?

« C’est une ville olympique. On a déjà eu des événements à Mexico, Moscou, Tokyo, Pékin, Los Angeles, Rio, énumère Alex Sanchez. Le basket est maintenant une discipline olympique et on veut le présenter dans des villes qui ont accueilli les Jeux. »

Cela fait deux ans que la société Événements TriCon, de concert avec Tourisme Montréal et la Ville de Montréal, a entamé les démarches pour accueillir la compétition. Après une visite technique de la FIBA, l’été dernier, une entente de trois ans a été signée.

« C’est un type de basket qui est plus urbain, qui va chercher les jeunes et qui les amène à bouger, indique Patrice Brunet, président d’Événements TriCon et vice-président de B3 Montréal. Pour inspirer la jeunesse, on voulait attirer les athlètes d’élite. Le mariage va de soi puisque Montréal est une ville jeune qui anticipe les nouvelles disciplines. »

Bientôt aux Jeux olympiques

Le basket 3x3 fera ses débuts olympiques l’an prochain à Tokyo. Huit équipes participeront aux volets masculin et féminin. « On s’attend à une poussée supplémentaire. Être aux Jeux ou ne pas y être, ça fait une grande différence », reconnaît Alex Sanchez, qui espère une progression identique à celle du volley-ball de plage après les Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996.

« On souhaite que l’intérêt généré par les Jeux olympiques nous permette de faire croître la portée, la qualité et la popularité du sport. »

Au Québec, le basketball, sous toutes ses formes, connaît un regain de popularité depuis plusieurs années. Le très beau printemps des Raptors de Toronto n’a évidemment pas nui.

« On ne pouvait pas le prévoir quand on a signé l’entente avec la FIBA, il y a plus d’un an. Mais c’est certain que les succès des Raptors sont une plus-value pour faire découvrir notre événement, reconnaît Patrice Brunet. […] La première année, on fait découvrir le sport, et on le consolide lors des années suivantes. »

Les meilleurs sont là

L’événement, présenté à l’intersection Papineau/Viger, démarrera cet après-midi avec des ateliers offerts par des joueurs professionnels. Le tournoi féminin débutera dans la soirée et se conclura demain. La journée de dimanche comprendra la ronde éliminatoire du volet masculin, un concours d’habiletés, ainsi qu’un match des célébrités.

« On a été agréablement surpris de voir les confirmations des équipes. Quatre des cinq meilleures équipes seront là chez les hommes, précise Patrice Brunet. C’est la première saison au niveau féminin et l’équipe canadienne est deuxième [de la Série mondiale]. Elle a de bonnes chances de remporter le tournoi. »