(Stockholm) La Finlande et la Suède ont réaffirmé samedi leur droit à adhérer à l’OTAN si jamais les deux nations nordiques le souhaitaient, malgré de nouveaux avertissements formulés par Moscou en pleine invasion de l’Ukraine.

Publié le 26 février
Agence France-Presse

Vendredi, le ministère russe des Affaires étrangères avait averti qu’une adhésion finlandaise ou suédoise à l’OTAN — qui n’est pas d’actualité selon Helsinki et Stockholm — « aurait des répercussions militaires et politiques graves ».

Une déclaration en ce sens de la porte-parole du ministère Maria Zakharova a abondamment circulé sur les réseaux sociaux, où elle a été interprétée comme une menace d’attaque militaire en cas d’adhésion.

« Nous avons déjà entendu ça par le passé », a tempéré samedi le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto sur le plateau de la télévision publique Yle.

Les mêmes mots avaient été employés par Moscou il y a quelques semaines lorsque la Russie avait exigé des garanties que l’OTAN ne serait pas davantage élargi à l’est. Mais aussi à de nombreuses reprises ces dernières années, a-t-il souligné.

Malgré l’invasion russe en Ukraine, Helsinki et Stockholm ont écarté depuis jeudi l’idée d’une demande expresse d’adhésion à l’alliance militaire occidentale.

Depuis le début de l’escalade de la crise ukrainienne, ont toutefois veillé à obtenir des assurances que la porte de l’alliance leur était toujours ouverte.

Les deux pays sont officiellement non alignés, bien que partenaires de l’OTAN depuis le milieu des années 90.

« Je veux être très claire. C’est la Suède seule et de façon indépendante qui choisit sa ligne en matière de sécurité », a affirmé vendredi soir la première ministre suédoise Magdalena Andersson, interrogée sur les dernières déclarations russes lors d’une conférence de presse.

Bien que non-membres, la Suède et la Finlande avaient été conviées à la réunion de l’OTAN vendredi.

La Russie a fait de la question de la poursuite de l’élargissement de l’OTAN à l’est un casus belli, dans un dossier où Moscou affirme avoir été trahi depuis la chute du mur de Berlin.

Avant même l’invasion, la crise ukrainienne avait relancé le débat sur l’OTAN en Suède et en Finlande, où la gauche y est traditionnellement très opposée et la droite plus favorable.

Selon un sondage publié vendredi, jamais le soutien de l’opinion publique suédoise n’a été aussi élevé en faveur d’une adhésion en Suède.

Dans cette étude de l’institut Novus pour la télévision SVT, 41 % des sondés sont pour une adhésion, 35 % contre et 24 % indécis.