(Washington) Les États-Unis et l’Union européenne ont affirmé vendredi dans une déclaration commune qu’ils travaillaient à la fourniture de « volumes additionnels de gaz naturel » pour l’Europe, afin de faire face à un éventuel contrecoup d’une invasion russe de l’Ukraine.

Mis à jour le 28 janvier
Agence France-Presse

« Les États-Unis et l’UE travaillent conjointement à assurer un approvisionnement continu, suffisant et ponctuel de gaz naturel à l’UE depuis diverses sources à travers la planète pour éviter des chocs d’approvisionnement, y compris ceux qui pourraient résulter d’une nouvelle invasion russe de l’Ukraine », ont affirmé le président américain Joe Biden et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans cette déclaration.

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Un navire-citerne en train de charger du gaz naturel liquéfié au port de Ras Laffan, dans le nord du Qatar. Washington et les Européens cherchent des alternatives si jamais le gaz russe venait à manquer, en cas d’attaque de la Russie contre l’Ukraine.

« Les États-Unis sont déjà le plus grand fournisseur de gaz naturel liquéfié à l’UE. Nous collaborons avec des gouvernements et des opérateurs de marché en vue de l’approvisionnement de volumes additionnels de gaz naturel à l’Europe depuis diverses sources à travers la planète », ajoutent-ils.

Ils affirment que ce travail, qui a « déjà commencé », se poursuivra lors d’une réunion entre Américains et Union européenne sur le sujet le 7 février.

À ce sujet, la Maison-Blanche avait déjà annoncé au début de la semaine la visite à Washington de l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, qui doit être reçu par le président Joe Biden lundi prochain, le 31 janvier.

Il sera notamment question lors de leur rencontre d’« assurer la stabilité de l’offre internationale d’énergie », a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué, au moment où Washington et les Européens cherchent des alternatives si jamais le gaz russe venait à manquer, en cas d’attaque de la Russie contre l’Ukraine.

Les Occidentaux accusent Moscou de préparer une potentielle offensive contre le pays voisin, et menacent de sanctions sans précédent si le président russe Vladimir Poutine passe à l’acte. Washington a notamment affirmé que le gazoduc controversé Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, achevé mais pas encore opérationnel, ne serait pas activé en cas d’attaque.

Américains et Européens redoutent toutefois que le Kremlin, en représailles, réduise drastiquement sa fourniture d’hydrocarbures à l’Europe, vitale pour de nombreux pays. Ils avaient déjà assuré travailler à des mesures pour compenser cette éventuelle perte, mais l’engagement formel des deux présidents vient appuyer cette démarche.

Dans leur déclaration, Joe Biden et Ursula von der Leyen assurent vouloir aussi travailler « en étroite collaboration avec les États membres de l’UE » pour préparer ce plan B, et rechercher les meilleurs moyens de « stocker en sécurité » ces fournitures de gaz.

« Nous partageons aussi l’objectif d’assurer la sécurité énergétique de l’Ukraine et l’intégration progressive de l’Ukraine avec les marchés du gaz et de l’électricité de l’UE », poursuivent les deux dirigeants.

Ils relèvent que les « défis actuels » liés à la menace de conflit en Europe soulignent la nécessité « d’accélérer » la transition vers « des énergies propres ».

« Plus largement, nous appelons les principaux pays producteurs d’énergie à se joindre à nous pour garantir que les marchés énergétiques mondiaux restent stables et bien approvisionnés », concluent Joe Biden et Ursula von der Leyen.