(La Haye) L’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé jeudi le lancement de l’examen accéléré du vaccin anti-COVID-19 du laboratoire franco-autrichien Valneva, qui utilise une technologie plus classique que les vaccins autorisés jusqu’ici au sein de l’UE.  

Publié le 2 déc. 2021
Agence France-Presse

Le vaccin à « virus inactivé » — une technologie plus ancienne que celles employées par les vaccins autorisés jusqu’ici au sein de l’UE — a montré lors d’essais cliniques qu’il déclenche « la production d’anticorps qui ciblent le SARS-CoV-2 […] et peut aider à protéger contre la maladie », a précisé dans un communiqué l’EMA, dont le siège se situe à Amsterdam.

La plupart des vaccins contre la grippe et de nombreux vaccins infantiles utilisent cette technologie de « virus inactivé », et les responsables sanitaires espèrent que le vaccin de Valneva pourra réduire le scepticisme vis-à-vis des vaccins anti-COVID-19 utilisant d’autres technologies plus récentes.

Jusqu’ici, seuls quatre vaccins, de deux types distincts —et différents de celui du Valneva —, ont été autorisés par l’EMA.

Technologie rassurante pour certains

Pfizer et de Moderna sont des vaccins à ARN messager, une technologie innovante qui consiste à injecter dans l’organisme des brins d’instructions génétiques qui dictent aux cellules du patient ce qu’il faut fabriquer pour lutter contre la maladie.  

AstraZeneca et Johnson & Johnson utilisent quant à eux la technologie innovante du vecteur viral : ils prennent comme support un type de virus très courant appelé adénovirus, qui a été modifié pour transporter dans l’organisme des informations génétiques permettant de combattre la COVID-19.

Le vaccin de Valneva « contient le SARS-CoV-2 inactivé (tué), qui ne peut pas provoquer la maladie », a expliqué l’EMA. Lorsqu’une personne reçoit le vaccin, son système immunitaire identifie le virus inactivé comme étranger et fabrique des anticorps contre lui.  

« L’EMA évaluera les données au fur et à mesure qu’elles seront disponibles pour décider si les avantages (du vaccin Valneva) l’emportent sur les risques », a encore fait savoir l’agence européenne, précisant ne pouvoir encore estimer quand une décision d’autorisation pourrait être prise.

Il faut généralement quelques mois pour que les vaccins passent du stade de l’examen à l’autorisation, bien que certains, comme ceux développés en Russie et en Chine, attendent depuis plus longtemps.

La Commission européenne avait annoncé le 10 novembre avoir conclu un accord avec Valneva allant jusqu’à 60 millions de doses de vaccin contre le coronavirus d’ici à 2023.  

Cet accord avait été une bonne nouvelle pour la société, qui avait été ébranlée courant septembre lorsque le gouvernement britannique avait résilié un contrat portant sur 100 millions de doses, alors sa seule commande.