(Verviers) La Belgique a observé mardi une minute de silence en hommage aux victimes des inondations qui ont dévasté une partie du pays les 14 et 15 juillet, tandis qu’en Allemagne où le bilan est encore plus lourd, la chancelière Angela Merkel s’est rendue à la mi-journée auprès des sinistrés d’une commune de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l’ouest.

Pierre BEAUVILLAIN Agence France-Presse

En Belgique, où l’est du pays et la région de Liège ont été particulièrement frappés, un « deuil national » a été décrété pour une journée, un hommage inédit depuis les attentats djihadistes de mars 2016 à Bruxelles.

Le roi Philippe et la reine Mathilde se sont recueillis à la caserne de pompiers de Verviers (est), une des communes les plus durement touchées, où ils se sont entretenus avec des familles et des secouristes.

Avant cette minute de silence, les sirènes avaient retenti dans les casernes du pays. Le roi, ému, s’est essuyé une larme au coin de l’œil. Le couple royal a échangé avec une femme enceinte qui a raconté en pleurs avoir vu des corps emportés par les flots.

D’après un bilan encore provisoire, les fortes crues dues à des pluies diluviennes, qui ont englouti des dizaines de maisons, ont coûté la vie à 31 personnes en Belgique.

70 autres étaient « toujours portées disparues ou injoignables », selon le centre de crise.

En Allemagne, 165 décès ont été recensés, presque tous dans l’ouest, dans les deux Länder de Rhénanie, selon un bilan toujours provisoire. Quelque 170 personnes étaient encore portées disparues.

Angela Merkel a entamé peu avant midi une visite à Bad Münstereifel, cité médiévale aux maisons à colombages dévastée par les inondations.

Elle devait rencontrer des sinistrés, avant une conférence de presse commune avec Armin Laschet, chef du gouvernement de la région et candidat des conservateurs pour la remplacer à l’issue des élections du 26 septembre.

« Reconstruire vies et maisons »

La Commission européenne est « au côté des populations pour reconstruire leurs vies et leurs maisons », a tweeté sa présidente Ursula von der Leyen, après la minute de silence à Bruxelles. Le président du Conseil européen, le Belge Charles Michel, s’est réuni avec les ambassadeurs des pays membres pour cet hommage.

En Allemagne comme en Belgique, des dizaines voire des centaines de maisons ont été englouties par les rivières en crue, et des habitants ont tout perdu.

Dans l’est de la Belgique, la vallée de la Vesdre, un affluent de la Meuse sorti de son lit sous l’effet des trombes d’eau et de la saturation d’un barrage, concentre au moins la moitié des victimes du pays, selon des élus locaux.

Depuis vendredi, l’eau s’est progressivement retirée des zones inondées. « La situation s’est stabilisée » selon le centre de crise et les lieux sinistrés sont accessibles.

Maisons éventrées, voitures empilées, branchages et détritus amoncelés contre des ponts : la décrue et le retour du soleil ont dévoilé « un décor inouï », selon les mots du premier ministre Alexander De Croo.

« Ces images me restent en tête […] Vous pouvez compter sur nous pour vous aider et ne pas oublier », a écrit le dirigeant libéral flamand dans une lettre ouverte rendue publique mardi. M. De Croo s’est rendu à Verviers comme le couple royal.  

Ces inondations sont « sans aucun précédent dans notre pays », avait-il  déclaré vendredi en annonçant ce jour de deuil, à la veille de la fête nationale du 21 juillet qui sera célébrée de manière restreinte.

La ville de Bruxelles a annulé son « Bal national » et celle de Namur, capitale de la Wallonie, son feu d’artifice.

C’est la première fois depuis 2016 que la Belgique observe un deuil national. Trois jours de deuil avaient été décrétés cette année-là à la suite des attentats du 22 mars revendiqués par l’organisation État islamique, qui avaient fait 32 morts et plus de 340 blessés à Bruxelles.