(La Haye) Les Pays-Bas ont accusé mardi des avions de combat russes d’avoir eu un comportement « dangereux » jeudi dernier à l’égard d’un navire de guerre néerlandais en mer Noire la semaine dernière.  

Agence France-Presse

Selon le ministère de la Défense néerlandais, les avions russes « ont continuellement harcelé » pendant cinq heures la frégate néerlandaise Evertsen lorsqu’elle se trouvait au sud-est de la Crimée.  

Passes à basse altitude

Les avions « volaient dangereusement bas et près, feignant des attaques », a précisé le ministère dans un communiqué, précisant qu’ils étaient munis de « bombes et de missiles ».

« Après des heures d’intimidation, des perturbations des équipements électroniques de l’Evertsen ont également été enregistrées », a ajouté le ministère.

La ministre néerlandaise de la Défense, Ank Bijleveld-Schouten, a condamné des actes « irresponsables », et assuré que les Pays-Bas « s’en ouvriront auprès de la Russie ».

« L’Evertsen a parfaitement le droit de naviguer à cet endroit. Rien ne justifie ce genre d’action agressive, qui augmente aussi inutilement le risque d’accident », a-t-elle déclaré.  

Les Russes confirment avoir envoyé des avions

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a confirmé avoir envoyé jeudi des « chasseurs SU-30 et des bombardiers SU-24 » pour « prévenir une violation des eaux territoriales » de la Russie.

Selon cette source, les avions russes sont passés à proximité du Evertsen à « une distance sans danger », puis le navire néerlandais « a immédiatement changé sa trajectoire ».

« Les vols des avions russes ont eu lieu en accord avec les règles internationales sur l’usage de l’espace aérien », a poursuivi le communiqué russe.

Un autre incident s’était produit la veille, en mer Noire.

Selon la Russie, le destroyer britannique Defender avait pénétré mercredi dans les eaux au large de la Crimée, péninsule annexée en 2014 par Moscou, et avait « reçu un avertissement que des armes seraient utilisées en cas de violation des frontières russes ».

Le navire britannique n’ayant « pas réagi à l’avertissement », d’après le ministère russe de la Défense, un « navire de patrouille frontalière » russe a « tiré des coups de semonce » et un avion Su-24 m a effectué un « bombardement de précaution le long du parcours du destroyer ».

Londres a démenti, évoquant des « exercices de tirs » russes et « un passage innocent dans les eaux territoriales ukrainiennes ».  

L’Evertsen fait partie du même groupe aéronaval que le destroyer britannique Defender.

Dans ce contexte de tensions, l’Ukraine et les États-Unis ont lancé lundi des exercices militaires conjoints en mer Noire dans le cadre d’une coopération occidentale avec Kiev.