(Washington) Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé jeudi « toutes les entités impliquées » dans le projet controversé de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne à se désengager « immédiatement », sous peine de sanctions des États-Unis.

Agence France-Presse

Dans un communiqué, il a assuré que le gouvernement de Joe Biden était « déterminé à respecter » la loi adoptée en 2019 et étendue en 2020 par le Congrès américain, qui prévoit des sanctions.

« Nord Stream 2 est un mauvais projet – pour l’Allemagne, pour l’Ukraine et pour nos alliés et partenaires d’Europe centrale et orientale », a déclaré le secrétaire d’État, réitérant l’opposition ancienne de Washington à ce gazoduc de 1200 kilomètres de liaison sous-marine pour 9 milliards d’euros. Il a dénoncé « un projet géopolitique russe visant à diviser l’Europe et affaiblir la sécurité énergétique européenne ».

« Le département d’État surveille les efforts pour mener à bien le gazoduc Nord Stream 2 et examine les informations au sujet des entités qui semblent être impliquées », a-t-il ajouté.

Accusé par de nombreux élus, notamment républicains, de ne pas passer à l’acte avec des mesures punitives prévues par la loi, Antony Blinken a réaffirmé l’« avertissement » de la diplomatie américaine : « toutes les entités impliquées dans le gazoduc Nord Stream 2 sont passibles de sanctions américaines et doivent cesser immédiatement de travailler sur le gazoduc ».

Le député républicain Michael McCaul a salué cette fermeté, mais a dit s’inquiéter de « l’absence d’action de la part de l’administration Biden ».

« Il y a plus d’une dizaine d’entités qui semblent travailler sur le gazoduc Nord Stream 2 actuellement et qui devraient être sanctionnées comme le prévoit la loi. Si le président Biden et le secrétaire d’État Blinken veulent démontrer clairement qu’ils s’opposent au gazoduc, qui est déjà terminé à 95 %, ils devraient imposer ces sanctions obligatoires immédiatement », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le nouveau gouvernement démocrate rejette sur la précédente administration républicaine la responsabilité en constatant que la construction du gazoduc a débuté en 2018. « J’aurais aimé ne pas me trouver dans une situation où le gazoduc est pratiquement terminé », a dit la semaine dernière Antony Blinken devant la Chambre des représentants.