(Paris) La Russie est un voisin parfois « horripilant et insupportable » mais avec lequel il faut continuer de dialoguer, a déclaré mardi le chef de la diplomatie française.

Agence France-Presse

« Malgré tout, nous devons essayer de garder une relation de long terme avec la Russie, garder des canaux de discussion », a souligné Jean-Yves Le Drian, interrogé sur la détention de l’opposant russe Alexeï Navalny, devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

« Nous ne renoncerons pas à cette ambition parce que c’est notre voisin, même si c’est un voisin parfois désagréable, parfois horripilant, parfois insupportable, parfois tout à fait condamnable mais c’est notre voisin », a-t-il dit.

« Il faut essayer de trouver, garder les liens qu’il faut tout en étant très ferme sur les condamnations d’actions telle que celle menée à l’encontre de M. Navalny », a ajouté le chef de la diplomatie française.

La Russie fait montre d’une « dérive autoritaire très grave », a réitéré Jean-Yves Le Drian en référence au sort réservé au principal opposant au président Vladimir Poutine et à la répression des manifestations demandant sa libération.

Les 27 États-membres de l’Union européenne ont adopté des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre Alexeï Navalny et dans la répression menée contre ses partisans.

« Les sanctions, ce n’est pas un hochet […] Cela interdit (à ceux qui sont visés) de voyager dans l’UE et d’avoir accès à leurs propres actifs s’ils sont placés dans l’UE. Ce n’est pas rien », a assuré Jean-Yves Le Drian, alors que beaucoup s’interrogent sur leur efficacité.

Selon la chaîne CNN, qui s’appuie sur deux sources proches de la présidence américaine, les États-Unis se préparent également à imposer des sanctions.

L’opposant de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait d’un empoisonnement dont il accuse le Kremlin.

Condamné à deux ans et demi de prison en février, il est arrivé dimanche dans la colonie pénitentiaire où il purgera sa peine.