(Moscou) Le maire de Moscou a annoncé vendredi l’arrêt d’une consultation en ligne controversée sur l’installation d’une statue sur la place où se trouve le siège des puissants services de sécurité russes (FSB).

Agence France-Presse

Ce vote, commencé la veille et censé se terminer le 5 mars, visait à choisir entre un monument à la gloire de Félix Dzerjinkski, le père de la police politique soviétique, et un à la mémoire du prince Alexandre Nevski, un héros national russe du XIIIe siècle et saint orthodoxe.

L’ouvrage en question aurait dû être érigé sur la place Loubianka, dominée par le siège du FSB, où des milliers de personnes furent torturées et exécutées pendant la Terreur stalinienne.  

« Après deux jours de vote, les partisans d’Alexandre Nevski l’emportaient avec une courte avance mais il est clair que l’opinion publique est divisée en deux », a écrit sur son blogue le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine.

« On ne peut éviter des points de vue différents sur l’Histoire. Mais les monuments dans nos rues et sur nos places ne doivent pas diviser, mais souder la société », a-t-il poursuivi.

« C’est pourquoi je pense qu’il est juste d’arrêter cette opération et de laisser la place Loubianka dans son état actuel », a-t-il conclu, ajoutant que la question sera « probablement » reconsidérée plus tard afin de prendre « une décision juste ».  

Vendredi soir, près de 320 000 votes avaient déjà été enregistrés, dont 55 % favorables à un monument à la mémoire d’Alexandre Nevski.  

Une statue de « Félix de Fer », qui fonda la redoutable Tchéka, l’ancêtre du KGB, avait déjà trôné sur cette place à partir de 1958.

Mais le monument fut déboulonné le 22 août 1991 dans la liesse, alors que 100 000 personnes célébraient l’échec du putsch contre Mikhaïl Gorbatchev et sa politique de démocratisation qui précipita la dissolution de l’URSS.