(Londres) Le premier ministre britannique Boris Johnson a dit lundi ambitionner un retour à la quasi normale pour l’été, en présentant une stratégie de déconfinement qu’il veut « prudente », mais « irréversible » et qui commencera par la réouverture des écoles début mars.

Ne pas se précipiter pour éviter de devoir resserrer la vis : accusé jusqu’ici d’une gestion chaotique de la pandémie de coronavirus, en confinant trop tard et déconfinant trop vite, le dirigeant a détaillé un plan de sortie de crise en quatre grandes étapes.

« Nous ne pouvons persister indéfiniment avec des restrictions qui affaiblissent notre économie, notre bien-être mental et physique, et les opportunités de vie pour nos enfants », a expliqué Boris Johnson devant les députés. « C’est pourquoi il est essentiel que cette feuille de route soit prudente, mais aussi irréversible ».  

Pays d’Europe le plus endeuillé avec près de 121 000 morts, le Royaume-Uni s’est confiné pour la troisième fois en début d’année, face à une explosion de l’épidémie due à un variant plus contagieux apparu dans le sud de l’Angleterre, qui a conduit les hôpitaux au bord de la submersion.

Selon un calendrier décidé dans chacune des nations, le pays s’apprête désormais à relâcher un peu la vis, les restrictions et la campagne de vaccination massive ayant entraîné une baisse des contaminations, des hospitalisations et des décès.  

En Angleterre, nation la plus peuplée avec 56 millions d’habitants, les écoles seront les premières à rouvrir le 8 mars, avec des tests réguliers dans les établissements secondaires.  

Dès le 29 mars, la consigne de rester à la maison sera levée et les rassemblements en extérieur, limités à six personnes ou deux foyers différents, seront autorisés.  

Les magasins non essentiels, les coiffeurs, les pubs — mais seulement en extérieur — et musées devront en revanche attendre le 12 avril. Les cinémas, hôtels, stades (avec maximum 10 000 personnes), l’hôtellerie-restauration (en intérieur) suivront le 17 mai, date à laquelle les membres de différents foyers pourront se rencontrer en intérieur.

Si la situation sanitaire le permet, les restrictions aux contacts sociaux seront levées le 21 juin au plus tôt, de même que la consigne de télétravail.  

Ne pas faire « les mêmes erreurs »

Selon le premier ministre, toute décision d’assouplir les restrictions sera prise en fonction des données scientifiques à sa disposition, comme l’efficacité des vaccins anti-COVID-19, le repli des hospitalisations et l’apparition de nouveaux variants.  

Le gouvernement a fondé sa stratégie de sortie de crise sur la campagne de vaccination, lancée début décembre, qui bat son plein. Un adulte sur trois a déjà reçu une première dose, soit plus de 17,7 millions de personnes. D’ici mi-avril, les plus de 50 ans devraient tous avoir été partiellement vaccinés, puis tous les adultes d’ici fin juillet.  

« Je crois fondamentalement que le programme de vaccination a changé la donne en notre faveur », a souligné Boris Johnson.  

Selon une étude écossaise lundi, les vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca/Oxford actuellement administrés ont permis de réduire, après une dose, les hospitalisations de respectivement 85 % et 94 %.  

Le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a toutefois appelé le dirigeant à résister aux appels de députés de son propre camp conservateur à relâcher rapidement les restrictions.  

« Dans le passé, nous avons émergé sans faire preuve de suffisamment de prudence […] Nous ne pouvons nous permettre de reproduire les mêmes erreurs, ce doit être le dernier confinement », a-t-il déclaré.  

Face à l’impact économique sévère de la pandémie, Boris Johnson a promis de continuer à soutenir l’emploi, soulignant que des mesures seraient détaillées lors de la présentation du budget le 3 mars.  

Mais tout en saluant la « clarté » de son plan, Helen Dickinson, la patronne de la fédération des commerçants britanniques (BRC), a appelé à davantage de « flexibilité », prévenant que « chaque jour où un magasin doit rester fermé augmente le risque qu’il ne rouvrira plus jamais ».  

Comme elle, le secteur du voyage a appelé à un soutien financier de l’exécutif, qui devrait se prononcer mi-mai sur les restrictions aux voyages à l’étranger.  

Les contrôles aux frontières ont en effet été durcis pour éviter l’importation de variants, et une quarantaine à l’hôtel est désormais obligatoire pour les résidents en provenance de 33 pays classés en risque.